Chez ENGIE, les jeunes employés forment les top managers

Un top manager formé aux nouvelles technologies par un jeune employé, c’est la philosophie du ‘Reverse Mentoring’. Chez ENGIE, 300 collaborateurs de tous niveaux ont déjà participé à un projet de Reverse Mentoring. Dans le cadre de la transformation digitale de l’entreprise.

ENGIE reverse mentoring jbcDans le Reverse Mentoring, il n’y a ni élève, ni prof. Mais un mentor (un jeune ‘digital native’ habitué aux nouvelles technologies et aux médias sociaux) et un mentee (un directeur, un CEO ou un top manager). L’autre particularité du Reverse Mentoring est son côté informel : pas de salle de classe, pas de leçon de groupe. La formation se déroule en face à face. Pour une raison toute simple : il n’est pas toujours aisé pour un top manager de reconnaître ses faiblesses en public. Clairement, pour apprendre, il faut laisser son ego à la porte.

Créer des communautés transversales

Chez ENGIE, Isabelle Kocher et Gérard Mestrallet ont été des mentees. En Belgique, le projet a été lancé en 2013. « ENGIE développe une stratégie axée notamment sur la digitalisation des solutions que nous voulons offrir à nos clients », explique Anne-Sophie Hugé, porte-parole d’ENGIE Electrabel. « Cela suppose, entre autres, la formation du personnel dont les dirigeants qui prennent les décisions au niveau stratégique. Notre CEO, Philippe Van Troeye, en a fait partie. »

En 2015 et 2016, trois vagues de formation en Reverse Mentoring ont été lancées chez ENGIE. Aux formations aux médias sociaux, ce sont ajoutées des formations en big data, blockchain, Internet des objets… « Ce programme permet de profiter au maximum des compétences en interne et de créer des communautés transversales qui contribueront à notre transformation digitale », souligne Anne-Sophie Hugé. « Le Reverse Mentoring remporte un vrai succès au sein du groupe avec plus de 300 mentors et mentees ! »

Un échange humain et informel

Evidemment, pas question de lancer les mentors sans une petite formation. Donner des conseils à un top manager ne s’improvise pas. « Nous avons reçu une journée de formation », explique Ihsane Haouach, Pricing Engineer chez ENGIE Electrabel. « Nous avons simulé des mises en situation. Les mentors de la vague précédente ont expliqué comment transformer la session en un échange humain et informel. Le grand mérite revient quand même aux mentees. On leur demande de sortir de leur zone de confort et d’excellence, de suivre les conseils de quelqu’un de plus jeune et d’adopter une démarche d’humilité. Franchement, pour nous, c’est à la fois fun et valorisant ! »

Le Reverse Mentoring permet aussi le brassage des idées. Mentor et mentee n’appartiennent jamais à la même direction, histoire de ne pas parler du service. Ce mentorat met donc en contact des personnalités qui, en temps normal, ne se seraient sans doute jamais rencontrées. Ainsi, Ihsane Haouach est le mentor de Jan De Smet, Head of customer service and operational processes B2C & B2B. Une relation de complicité s’est nouée entre eux. « C’est véritablement l’occasion d’un enrichissement mutuel », explique-t-elle. « Dans nos sessions, nous nous sommes beaucoup focalisés sur Twitter. Aujourd’hui, c’est bien, Jan fait un tweet par jour ! »

« Le digital est un élément important dans mon métier et dans les métiers que je chapeaute », note Jan De Smet. « Je ne dois pas connaître tous les canaux, ni toutes les applis, mais je dois m’y montrer ouvert et les comprendre. Par exemple, la dématérialisation de la facture autorise une nouvelle dynamique vers le client, avec pourquoi pas, un jour, l’ouverture d’une session de messenging d’un seul clic sur le mail en cas de question ou de problème. Il est donc important que je comprenne tout cela. Une entreprise comme la nôtre, leader belge de l’énergie, doit progresser rapidement dans l’apprentissage des nouvelles voies de communication, sous peine, par exemple, de se voir dépassée par un pure digital player. »

It's only fair to share...Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on LinkedIn