« Rêver et persévérer ont fait de moi un champion de panna »

Ce 14 octobre, Bozar a vibré lors de la finale du tournoi ENGIE Street Heroes 2017 qui a rassemblé le gratin du football de rue belge. Quelques heures avant le début des matchs, nous avons rencontré Ilyas Touba, le tenant du titre et triple champion du monde. Il nous parle de sa passion pour ce sport qui rencontre de plus en plus de succès.

ENGIE Street Heroes jbc sli
ENGIE Street Heroes jbc sli
Entre autres, Ilyas Touba, Soufiane Bencok, Séan Garnier, Evrim Nallar
ENGIE Street Heroes jbc sli
ENGIE Street Heroes jbc sli

La Belgique est le berceau du football de rue, le panna. Les règles de ce foot freestyle nouvelle génération ? Un match dure trois minutes et se joue à un contre un ou à deux contre deux. Le joueur ou l’équipe qui parvient à faire passer le ballon entre les jambes de l’adversaire, et donc à réussir un panna (petit pont), remporte le match. Si, au terme des trois minutes, personne n’a réussi un panna, celui qui a marqué le plus de buts gagne. Ilyas Touba est le tenant du titre du tournoi national ENGIE Street Heroes

Ilyas, d’où t’es venu cette passion pour le panna ?

Ilyas Touba : « J’ai toujours adoré le foot. J’ai grandi comme tous les gamins de mon quartier principalement dehors, dans la rue après l’école. En club, ma technique ne convenait pas au foot traditionnel. J’aimais trop faire des figures, des ponts à la Ronaldinho. Je ne passais jamais la balle à mes coéquipiers, ou pas assez. Tout ce qui m’intéressait, c’était jouer avec le ballon. J’ai tenté le foot en salle, mais à nouveau le même constat. Jusqu’au jour où mon coach de l’époque m’a dit que si j’aimais le jeu individuel, j’étais fait pour le freestyle ! J’ai alors rencontré Soufiane Bencok, champion de Belgique à l’époque. On s’est entraîné ensemble, j’ai tout de suite eu le déclic, j’avais trouvé mon sport ! »

Quand as-tu commencé, précisément ?

I.T. : « Le panna à proprement parler ? Il y a quatre ans seulement. Ma passion pour ce sport m’a poussé à donner le meilleur de moi. Ça explique mes succès et titres, obtenus en Belgique et à l’étranger en quelques années seulement. Le travail et la passion, c’est la clé ! »

Comment se prépare-t-on à devenir triple champion du monde ?

I.T. : « Le travail, la persévérance et la passion. C’est tout ce qui compte ! Je m’entraîne six jours par semaine. Je travaille minimum cinq heures par jour. Il m’arrive parfois de partir à l’entraînement à 9h du matin et de quitter à 21h. J’essaie de combiner ça au mieux avec mes autres loisirs et sorties en couple ou entre amis. »

Le panna et le football traditionnel sont très différents…

I.T. : « Oui, très différent ! Le panna se joue sur un petit terrain rond de six mètres de diamètre, équipé de deux mini goals. Il se joue à un contre un. Le public ne vient pas voir un match, il vient pour le spectacle ! Nous offrons une discipline différente, qui relève plus du freestyle, de la démonstration. Pour les fans, surtout ! Une belle passe, un petit pont, et le public acclame et crie, c’est magnifique. Malgré l’ambiance de fou en bord de terrain, la technique du panna demande une très grande concentration. Quand je joue, je suis 100% concentré sur le ballon. Je m’inspire par les sons vibrants autour de moi, je les ressens, ils me poussent à donner le meilleur de moi. »

As-tu déjà parlé panna avec des Diables Rouges ?

I.T. : « Plus d’une fois ! Non seulement les Diables me connaissent, mais ils ont déjà testé le panna avec moi. Ils adorent la discipline. Et c’est réciproque. Certains grands clubs me contactent d’ailleurs pour animer des événements. Kevin De Bruyne s’est une fois prêté au jeu. Notre vidéo a fait plus d’un million de vues sur YouTube. J’ai aussi joué au panna avec Dries Mertens et Ousmane Dembélé. De superbes souvenirs ! »

Qui désignerais-tu comme le Cristiano Ronaldo du panna ?

I.T. : « Moi ? (rires) Titre après titre, ma popularité ne cesse sans doute de grandir, mais je souhaite utiliser ce succès pour inspirer les ados et les enfants. Je sais ce que c’est de grandir en rue, et de jouer des heures au ballon. J’espère que je pourrai leur donner envie de s’entraîner et de se dépasser. Les jeunes aiment me suivre et m’accoster. Ils ne diront pas le contraire, je pense : je veux être 100% généreux et présent auprès de mes fans, petits et grands. »

Tu as gagné le ENGIE Street Heroes en 2016. Un beau souvenir ?

I.T. : « Bien sûr ! Ce tournoi est magique. Il permet aux jeunes de découvrir la discipline. C’est un tournoi d’une grande ampleur, ça le rend fabuleux. On s’y prépare comme des fous. Les enfants et ados viennent nous applaudir et s’inspirer. Tout est fait pour que le public passe un moment extraordinaire, tout comme nous ! Ce tournoi fait vraiment grandir la discipline en Belgique. »

Quel est ton pronostic pour l’édition 2017, un gagnant en tête ?

I.T. : « Oui, moi ! Je suis prêt à 100%, je vais tout donner. Ma motivation ne pourrait pas être plus grande. » (Ndlr, Ilya avait vu juste, il a en effet remporté le tournoi pour la 3ème fois)

Tu voyages énormément grâce au panna ?

I.T. : « Il suffit de voir mon passeport ! (rires) Le panna m’a permis de voyager partout dans le monde : Mexique, Japon, Islande, Pays-Bas… Mon meilleur souvenir est la Pologne : les fans deviennent véritablement fous dès qu’on arrive. Grâce à nos victoires répétitives, la Belgique s’est hissée parmi les nations les plus réputées de la discipline. »

Tu as 20 ans. Quels sont tes projets pour l’avenir ?

I.T. : « Aujourd’hui, le plus important pour moi est d’utiliser ma notoriété pour faire connaître et grandir ce sport en Belgique. J’aimerais sensibiliser un maximum de jeunes. Je compte publier de plus en plus de vidéos sur ma chaîne YouTube, des tutoriels pour les enfants, etc. C’est eux, mon focus ! À plus long terme, j’aimerais ouvrir une académie. Mon but ? Que les petits d’aujourd’hui deviennent meilleurs que moi ! »

On termine par ta devise ?

I.T. : « ‘Où il y a un vœu, il y a un chemin !’ Rêver et persévérer, c’est vraiment ce qui m’a permis de devenir qui je suis. »

It's only fair to share...Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on LinkedIn