Comment des façades produisent de l’électricité avec l’énergie solaire ?

Grâce à des films photovoltaïques organiques, ce sont aujourd’hui les façades de nos bâtiments qui peuvent produire de l’électricité grâce à l’énergie solaire ! On vous explique comment…

19/10/2017 -
Kristof C.

Après les toits, ce sont aujourd’hui les façades de nos bâtiments qui peuvent produire de l’électricité ! Grâce à des films photovoltaïques organiques que l’on colle sur les murs ou qu’on intègre aux vitres. Quentin Van Nieuwenhoven, expert d’ENGIE Lab, explique en détail cette incroyable révolution…

Des façades qui produisent de l’électricité… C’est aujourd’hui une réalité. À Linkebeek, 50 m² de façade du bâtiment d’ENGIE Lab ont été couverts de films organiques, pour une production annuelle estimée à 2.300 kWh, soit l’équivalent de la consommation d’un ménage.

Quentin Van NIeuwenhoven est actif chez ENGIE Laborelec comme Project Manager Solar, Wind and Marine et suit le projet de près.

Pourquoi parle-t-on de matériau organique ?

Quentin Van Nieuwenhoven : «Le matériau utilisé est différent de celui des panneaux photovoltaïques classiques. Ces derniers sont constitués de silicium cristallin alors que les films organiques, produits par la société allemande Heliatek, sont basés sur des polymères et des carbones. Ces matières sont simples, abondantes, peu chères et non nocives pour l’environnement. De plus, elles sont aisément recyclables.»

Ces films organiques sont-ils faciles à poser ?

Un panneau photovoltaïque classique pèse environ 20 kg par m². Les films, eux, sont 20 fois plus légers et peuvent donc être installés à peu près partout.                                          Q. V. N. : «D’abord, ils sont ultra légers. Un panneau photovoltaïque classique pèse environ 20 kg par m². Un poids qui limite les applications. Certaines surfaces, comme les toits des bâtiments industriels, ne peuvent supporter cette charge. Les films, eux, sont 20 fois plus légers et peuvent donc être installés à peu près partout, sur tout type de surface. En outre, ils sont flexibles. On peut les apposer facilement sur une façade en utilisant une colle. Chose impossible avec des panneaux…»

Le rendement est-il satisfaisant ?

Q. V. N. : «Ces petites sources décentralisées d’énergie aident un bâtiment à devenir autosuffisant en énergie en réduisant l’électricité qu’il puisera dans le réseau public. Elles fonctionnent exactement comme les cellules photovoltaïques traditionnelles en transformant la lumière en courant électrique. Ce courant pourra être consommé directement ou être réinjecté dans le réseau. Mais aujourd’hui, leur rendement reste inférieur aux modules classiques, même si l’on s’attend à le voir augmenter dans les prochaines années. Raison pour laquelle nous recommandons l’utilisation de panneaux classiques quand les circonstances le permettent.»

Comment ces films ont-ils été installés sur la façade d’ENGIE Lab ? 

Q. V. N. : «Les films organiques ont été placés à deux endroits. Ils ont été posés directement sur un support en fibrociment sur la façade sud du bâtiment. Ils ont aussi été intégrés à des surfaces vitrées. Au total, ce sont 50 m² qui ont été couverts de film organique, pour une production annuelle estimée à 2.300 kWh, soit l’équivalent de la consommation d’un petit ménage. Cette installation démontre que l’on peut produire de l’électricité en respectant l’élégance d’un immeuble, et même en lui ajoutant des qualités esthétiques.»

Cette solution est-elle aussi intéressante pour les architectes ?

Q. V. N. : «Oui, grâce aux qualités esthétiques de ces films. Ils sont évidemment plus discrets que les panneaux traditionnels. Ils peuvent aussi prendre des couleurs différentes pour se fondre dans leur environnement. Il est même possible d’avoir des films semi-transparents, au prix cependant d’une diminution de la production d’électricité. En réalité, les architectes peuvent utiliser ces films comme de vrais éléments de décoration pour les intégrer harmonieusement dans l’enveloppe du bâtiment.»

Quelles conclusions tirez-vous de cette expérimentation ?

Après un an de tests, nous pouvons dire qu’ils sont concluants. Nous envisageons la commercialisation de cette technologie d’ici 2019. Q. V. N. :«Nous voulons préparer activement la transition énergétique. On le sait, demain, nous ne produirons ni ne consommerons l’énergie comme aujourd’hui. La solution des films présente de nombreux avantages, notamment parce qu’elle peut être mise en œuvre facilement et presque partout. Encore fallait-il vérifier qu’elle soit opérationnelle. C’est pour cette raison que nous avons procédé à cette expérimentation. Après un an de tests, nous pouvons dire qu’ils sont concluants. Nous envisageons maintenant d’en installer dans le bâtiment d’ENGIE Fabricom à Anvers. Là, nous devrions placer une quarantaine de m² de films organiques photovoltaïques. Et nous envisageons la commercialisation de cette technologie d’ici 2019.»

À lire aussi : notre communiqué de presse sur la prise de participation d’ENGIE dans Heliatek, le leader allemand de la production de films photovoltaïques organiques