Comment transformer votre logement en « Low Emission Zone » ?
Bruxelles, Gand, Anvers, mais aussi Amsterdam, Paris, Berlin ou Milan, plus de 350 villes dans une quinzaine de pays européens se sont dotées d’une Low Emission Zone (LEZ). Des zones à basses émissions qui voient aussi le jour ailleurs sur la planète, du Japon à l’Argentine, en passant par la Chine et même les États-Unis. Et pour cause, la mobilité représente un poids certain dans la lutte contre le réchauffement climatique.
Vous ne voyez pas le rapport entre une LEZ et votre maison ? Regardons de plus près en quoi consistent ces territoires urbains réservés aux véhicules les moins polluants, avant d’explorer un autre secteur clé du défi climatique : le logement !
Low Emission Zone, un boost pour la mobilité verte
Vous n’avez pas encore franchi le cap de la voiture électrique ? Votre véhicule actuel, essence ou diesel, n’est plus tout jeune ? Alors, vous avez certainement déjà été confronté à une « zone à basses émissions », à l’entrée de certaines grandes villes. En effet, des panneaux indiquent que vous êtes sur le point de pénétrer dans une LEZ, aussi baptisée ZFE-m en France, Milieuzone aux Pays-Bas ou Umweltzone en Allemagne.
Pourquoi transformer votre logement en Low Emission Zone ?
En Belgique, chaque habitation émet environ 2,7 tCO2 par habitant, soit plus que 10 000 kilomètres au volant d’une voiture thermique (2,2 tCO2) ! Au total, le logement serait ainsi responsable de 20% des émissions nationales de gaz à effet de serre, majoritairement à cause de la consommation énergétique. Sur le podium de la consommation énergétique du logement, on retrouve :
- Le chauffage (60%) ;
- La production d’eau chaude (15%) ;
- Le frigo et le congélateur, à égalité avec l’éclairage (6%).
Vous l’avez compris, comme pour la mobilité, il est donc capital d’agir pour contribuer à construire un avenir neutre en carbone, en appliquant une logique similaire de réduction progressive des émissions. Autrement dit ? Transformer sa maison en Low Emission Zone ! Voici notre plan d’action en 3 étapes.
1. Identifier les « véhicules polluants » de votre maison
Pour embrasser un quotidien plus vert, la première étape consiste à mettre un nom sur les « gros pollueurs » de votre logement. On les appelle les énergivores, c’est-à-dire tous les appareils très gourmands en énergie. Mais il faut également prendre au sérieux certaines situations, qui pénalisent la performance énergétique de votre foyer.
1. Une vieille chaudière ? Comme conduire un vieux diesel, fidèle, mais polluant.
2. Des électros énergivores « mal » utilisés ? Comme rouler en 5e dans une zone 30.
Ce n’est pas optimal pour votre moteur, mais en plus, vous allez consommer plus que nécessaire… C’est pareil pour votre frigo, un congélateur, un four ou une machine à laver. Des appareils dont nous en avons tous besoin, mais qui sont énergivores. Raison pour laquelle vous avez intérêt à appliquer certains trucs et astuces pour optimiser leur usage, comme le mode éco de votre lave-linge, le remplissage de votre frigo, le dégivrage de votre congélo, etc.
3. Les déperditions de chaleur ? Comme avoir une fuite de moteur.
Chauffer votre logement est une chose. Mais encore faut-il que la chaleur ne s’échappe pas et que les courants d’air froid ne s’engouffrent pas à l’intérieur. Les zones sensibles sont vos fenêtres, votre porte d’entrée, vos accès à la cave, au grenier ou au garage, etc.
4. Le manque d’isolation ? Comme rouler les vitres ouvertes avec le chauffage à fond.
Une maison mal isolée peut perdre jusqu’à 30% de sa chaleur, rien que par le toit. C’est pareil pour les murs et le sol. Lorsque la « carrosserie » de votre habitation (toit, murs, plancher) ne vous protège pas assez des éléments extérieurs, le froid s’infiltre de partout et la chaleur s’échappe en continu. Votre chauffage doit alors tourner à plein régime pour maintenir la température.
2. Passer votre « contrôle technique » énergétique
3. Mettre en œuvre le plan « LEZ » de votre maison
Par contre, mieux vaut commencer ce « voyage » dès maintenant pour arriver à temps à destination… En effet, les règles européennes, sur lesquelles la Belgique doit se calquer, prévoient que :
- tous les nouveaux bâtiments devront être zéro émission d’ici 2030 ;
- tous les bâtiments existants devront l’être pour 2050 !
Par où commencer ? Comme tout périple, la rénovation énergétique de votre logement débute par de petits pas, avant de réaliser, un jour de grands bonds. Voici les 3 étapes :
Parcourez les premiers kilomètres avec des solutions rapides et efficaces
Passez à la vitesse supérieure pour des améliorations notables
Pour accélérer la cadence et faire encore plus d’économies, vous pouvez commencer le « tuning » écologique de votre logement. Comme pour changer de pneus ou colmater une fuite moteur, c’est possible pour un budget raisonnable, un peu de temps et/ou quelques connaissances.
- Changer les joints d’étanchéité de vos portes et fenêtres ;
- Remplacer votre frigo ou d’autres électros énergivores par des modèles plus économes en énergie ;
- Remplacer votre vieille chaudière par une solution plus efficace -, comme opter pour une (nouvelle) chaudière à condensation au gaz pour une efficacité optimale ou envisager un système hybride combinant le gaz et les énergies renouvelables ;
- Etc.
Prenez l’autoroute écologique pour transformer votre maison en LEZ
C’est le grand saut, comme si vous remplaciez votre voiture diesel par un véhicule électrique ! Certes, cela représente un investissement, mais vous êtes prêt pour le présente et le futur. Dans le cadre de votre logement, c’est, par exemple :
- Isoler en profondeur les combles, la toiture ou les murs ;
- Remplacer les châssis de vos fenêtres ;
- Miser sur une installation de chauffage plus écologique, comme la pompe à chaleur ;
- Installer des panneaux solaires
- Etc.
Une fois la fin du voyage, votre logement sera une Low Emission Zone. Vous allez faire de sacrées économies sur votre facture d’énergie, tout en contribuant à créer un avenir neutre en carbone. Alors, prêt à transformer votre maison en LEZ ?
