Éoliennes : ce qu’on croit savoir, ce qu’on ignore encore

Le vent tourne en faveur des éoliennes, afin de propulser la transition énergétique. Mais autour d’elles, les idées reçues tournent aussi encore souvent. Bruyantes, dangereuses, coûteuses, vrai ou faux ? Passons 5 croyances à l’épreuve des faits.
Eva
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L’essentiel en 30 secondes

  • L’énergie éolienne ne fait pas grimper votre facture. Au contraire, son coût a été divisé par trois en 10 ans, ce qui en fait l’une des sources d’énergie les plus compétitives.  
  • Les éoliennes ne sont même pas dans le top 10 des causes de mortalité des oiseaux, contrairement aux chats et aux fenêtres. 
  • Recyclage, réemploi et innovation, la fin de vie des pales ne cesse de s’inventer pour viser une recyclabilité à 100 %. 
  • Une éolienne qui tourne émet environ 45 dB, soit le bruit d’un lave-vaisselle silencieux récent. Pas de quoi troubler une soirée de lecture. 
  • Une éolienne rembourse sa « dette carbone » en 6 à 8 mois et produit ensuite de l’énergie verte pendant 20 à 25 ans.

On les voit partout, mais connaît-on vraiment les éoliennes ?

Dans les champs, le long des autoroutes, sur les crêtes ou au large des côtes, les éoliennes font partie du paysage belge et européen. Familières de notre quotidien, on les connaît assez peu, ce qui suscite souvent des opinions tranchées, des inquiétudes et des croyances. Rien de plus « humain », car ces « moulins » géants restent mystérieux pour la plupart d’entre nous. Dans cet article, nous démêlons le vrai du faux et terminons par une invitation… hors du commun.

1. L’énergie éolienne fait grimper votre facture, vrai ou faux ?

C’est FAUX, l’énergie éolienne est même avantageuse pour votre portefeuille. Comment expliquer cette vérité méconnue ? D’abord, l’énergie éolienne est produite chez nous, grâce au vent « noir-jaune-rouge ». En plus d’être verte, elle est donc locale. Un atout pour diminuer notre dépendance aux combustibles fossiles importés, dont les prix sont volatils. Résultat, l’éolien national contribue à la stabilité des prix, pas à leur envolée. En l’espace de 10 ans, le coût de l’éolien a également été divisé par trois, ce qui en fait l’une des sources d’énergie les plus compétitives.

De plus, les parcs éoliens génèrent même de la valeur, comme c’est le cas en Wallonie. Selon une étude de 2022, chaque éolienne wallonne génère une valeur ajoutée d’environ 157 000 euros, qui est réinvestie dans l’économie locale, avec à la clé 1 500 emplois durables et non délocalisables dans le secteur des énergies renouvelables. Côté portefeuille, les éoliennes sont donc plutôt nos alliés !

2. Les éoliennes sont dangereuses pour les oiseaux. Vraiment ?

Encore une fois, c’est FAUX… et de loin. Lorsqu’on met « oiseaux » et « éoliennes » dans la même phrase, une image surgit : un joli rouge-gorge happé par la rotation d’énormes pales blanches. Dans la réalité, ces collisions dramatiques sont rares. Une éolienne cause la mort de 0 à 3 oiseaux par an et ne figure même pas dans le top 10 des principaux dangers. Le tableau ci-dessous est clair : les chats font bien plus de dégâts, environ 100 fois plus !

Cause Part de la mortalité

Collisions avec fenêtres et bâtiments 

25,7 % 

Tirs et piégeage 

18,6 % 

Prédation par les chats 

16,3 % 

Autres : lignes à haute tension, routes, pesticides, etc. 

Non chiffré 

Éoliennes 

Hors top 10

Source : étude Pavisse, Vangeluwe & Clergeau (2019), via Ligue royale belge pour la Protection des oiseaux (LRBPO)

 

Malgré tout, l’impact des éoliennes sur la faune et la flore n’est pas nul. Il ne peut donc pas être ignoré… Avant toute nouvelle installation, une étude d’incidences sur l’environnement est menée par un bureau indépendant agréé, afin de prévoir d’éventuelles mesures concrètes, comme :  

  • le déplacement du projet pour éviter un couloir migratoire d’oiseaux, 
  • l’arrêt temporaire des éoliennes lors de passages d’espèces sensibles, notamment les chauves-souris, 
  • ou la création de zones de compensation pour enrichir la biodiversité locale.  

Pour en savoir plus ce sujet, découvrez ces 12 curiosités au sujet des éoliennes.

3. Les pales des éoliennes finissent enterrées. Vous en êtes sûr ?

Cette croyance doit être nuancée, car elle penche de plus en plus vers le FAUX. Aujourd’hui, 80 à 90 % d’une éolienne est recyclé sans trop de difficultés : acier et fer, aluminium (échelles, plateformes, câbles) composants électroniques, béton des fondations, cuivre, etc. Alors, d’où vient cette « fausse » idée ?

Le gros challenge, ce sont les pales, fabriquées en matériaux composites (fibres de verre ou de carbone, résines), comme le plan de travail de votre cuisine ou le plombage de vos… dents. Or, ces matériaux sont plus difficiles à recycler par les méthodes conventionnelles. Pour autant, les pales démantelées ne finissent plus à la décharge. D’ailleurs, ENGIE a signé l’initiative de WindEurope pour interdire leur enfouissement.  

Les pales connaissent donc une seconde vie, pouvant :  

  • être remises à neuf et réutilisées sur d’autres sites ENGIE,  
  • être revendues à des tiers,  
  • ou servir à des usages plus créatifs, comme des abris de bus, des passerelles piétonnes, des aires de jeux, des parkings à vélos, des panneaux antibruit, etc. 

Entre 2015 et 2023, les 81 pales démontées sur des sites ENGIE en Belgique ont toutes été recyclées ou revendues pour être réemployées. De plus, des solutions innovantes émergent, comme le broyage pour les recycler en ciment ou l’utilisation de résines recyclables pour les réintégrer plus facilement dans de nouvelles turbines. L’ambition ? Fabriquer des pales 100 % recyclables.  

4. Le bruit des éoliennes est un vrai problème pour les riverains. On vérifie ?

Vous avez probablement déjà entendu ça, mais c’est FAUX et la réglementation est très stricte sur les nuisances sonores. Alors, comment expliquer le mythe de l’éolienne assourdissante ? Il faut remonter aux années 90, lorsque les premières générations pouvaient – c’est vrai – être bruyantes. Mais les technologies ont évolué, au même rythme que les normes.  

En Belgique, les règles imposent ainsi un niveau de bruit maximal aux abords des habitations : 45 dB maximum en journée en Wallonie, encore plus restrictif la nuit et en Flandre. Pour vos oreilles, 45 dB, ça ressemble à quoi ? C’est le niveau sonore d’un lave-vaisselle de nouvelle génération, d’un murmure, d’une rue calme un dimanche matin. Loin, très loin, de l’aspirateur qui tourne dans votre salon.

Niveau sonore Situation

40 dB 

Une place de village tranquille ou un moustique à l’oreille 

45 dB 

Une éolienne 

(norme max en journée - hors de votre maison) 

50 dB 

Une rue calme sans trafic ou la télé du voisin 

60 dB 

L’ambiance du marché ou une voiture au ralenti 

70 dB 

La sortie d’une école ou une circulation importante 

80 dB 

Une tempête ou une circulation intense 

90 dB 

Une ambiance de foire ou un poids lourd à 1 mètre 

100 dB 

Un marteau-piqueur ou une boîte de nuit 

Source : Centre d’Information et de Documentation sur le Bruit (CIDB) ; réglementation wallonne sur les éoliennes (conditions sectorielles)

De plus, la réglementation impose une distance minimale obligatoire : 600 mètres des zones d’habitation, 400 mètres de toute maison isolée pour une éolienne de 200 mètres de haut. Et plus on s’éloigne, plus le son devient imperceptible.  

 

5. Les éoliennes sont des mauvaises élèves du bilan carbone. Vous y croyez ?

Aucune surprise, c’est FAUX et la différence avec les énergies fossiles est vertigineuse. Bien entendu, comme toute activité humaine, fabriquer une éolienne nécessite de l’énergie et génère des émissions de CO2, notamment pour l’extraction des matières premières et le transport. Mais cette « dette carbone » est remboursée en seulement 6 à 8 mois de production électrique. Après, l’éolienne tourne pendant 20 à 25 ans en n’émettant quasiment aucune émission.

Les chiffres le confirment. Sur l’ensemble de son cycle de vie, une éolienne terrestre émet entre 10 et 20 grammes de CO2 par kilowattheure produit, contre 450 g/kWh pour le gaz naturel, 840 g/kWh pour le pétrole et 1 000 g/kWh pour le charbon. Le verdict est sans appel : les éoliennes sont de loin la source d’énergie la plus propre. En Belgique, les éoliennes d’ENGIE permettent d’éviter 900 000 tonnes de CO2 par an, c’est-à-dire une contribution majeure à la décarbonation de notre mix électrique.

Pour en savoir plus, explorez notre article sur l’empreinte carbone des éoliennes

Derrière chaque éolienne, un engagement qui dure

Depuis 25 ans, ENGIE agit en faveur des énergies renouvelables, en particulier l’éolien. Aujourd’hui, ENGIE exploite plus de 200 éoliennes, soit une capacité éolienne terrestre de 586 MW, de quoi alimenter 570 000 ménages en énergie verte et locale. L’ambition est d’atteindre 1 000 MW d’éolien terrestre d’ici 2030 ! 

Chaque parc est développé en dialogue avec les communes et les riverains, souvent en partenariat avec des coopératives citoyennes qui permettent aux habitants d’investir directement dans les installations de leur région. Parce que l’énergie verte, c’est aussi une affaire locale 

Alors la prochaine fois que vous en apercevez une au détour d’une route, regardez-la tourner une seconde. Ce vent-là, il tourne pour vous, pour nous tous ! Si vous avez envie d’en savoir encore plus, pourquoi ne pas carrément visiter virtuellement une éolienne ? C’est possible, plongez au cœur de l’éolienne d’Izegem

Les questions qu’on se pose souvent sur les éoliennes

  • Combien de temps faut-il pour construire un parc éolien ?
    En moyenne, trois à quatre années minimum s’écoulent entre le début des études et la mise en service. Le processus inclut des études d’impact, des réunions d’information publique, notamment avec les riverains, une procédure de permis et les travaux eux-mêmes. 

  • Combien de foyers peut alimenter une éolienne ?
    Une éolienne terrestre de 3 MW bien placée produit environ 7 000 MWh par an, soit la consommation annuelle d’environ 2 400 ménages. 

  • Peut-on installer une éolienne dans son jardin en Belgique ? 
    Techniquement, c’est possible, mais rarement rentable. En effet, à la hauteur généralement autorisée (10 à 15 mètres) le vent est insuffisant pour une production d’énergie suffisante. Sans oublier le coût d’achat, l’entretien et le permis d’urbanisme obligatoire.

  • Les éoliennes s’arrêtent-elles par grand vent ? 
    Oui. Au-delà de 90 km/h, les éoliennes sont mises à l’arrêt automatiquement pour des raisons de sécurité. À l’inverse, elles ne tournent qu’à partir de 10 km/h. 

  • Les éoliennes sont-elles moins efficaces en hiver ? 
    C’est l’inverse. Un vent hivernal contient plus d’énergie cinétique qu’un vent estival à vitesse égale, car l’air froid est plus dense. C’est précisément cette densité qui détermine l’énergie transmise aux pales. 

  • Les éoliennes peuvent-elles être démontées et le site remis en état ? 
    Oui, c’est une obligation légale. À la fin de leur vie, les éoliennes sont démontées et le site est remis dans son état d’origine. Certaines turbines encore en bon état sont revendues pour être réinstallées ailleurs