La voiture autonome est-elle pour demain ?

Le véhicule autonome devrait régler tous nos problèmes de mobilité. Mais qui est-elle vraiment ? Comment fonctionne-t-elle ? Quels sont ses avantages, ses inconvénients ? Voici tout ce que vous devez savoir à son sujet…

17/01/2020 -
Isabelle V.
Communications expert - renewable, energy efficiency, green mobility

Si les voitures électriques font l’objet de quelques idées reçues, les véhicules autonomes font aussi beaucoup parler d’eux. Beaucoup d’espoir sont placés dans ces véhicules du futur dont les premiers développements ont débuté il y a déjà plusieurs dizaines d’années ! Mais de nombreuses interrogations demeurent pour le grand public. Ces 10 questions/réponses devraient vous permettre d’en savoir un peu plus.

1. Une voiture autonome, c’est quoi ?

Une voiture autonome est un véhicule capable de se déplacer dans le trafic (routes ou autoroutes) sans intervention humaine. Bref, sans conducteur.

2. Comment fonctionne un véhicule autonome ?

Pour rouler « seule », une auto autonome doit être équipée de capteurs numériques. Ce sont eux qui lui permettront d’analyser son environnement, de détecter les autres voitures, d’ajuster sa vitesse, de freiner à temps, de « lire » les panneaux de signalisation, d’anticiper les obstacles, etc. En d’autres mots, d’assurer la perception, la décision et l’action.

Plusieurs types de capteurs équipent la voiture autonome : radars, caméras, aide au stationnement, lidars (télédétection par laser). Pour traiter l’ensemble de leurs données, les hiérarchiser, la voiture est équipée d’un « cerveau ». Une intelligence artificielle (IA) dotée d’une grande puissance de calcul.

3. Quelle est la différence entre un véhicule autonome et une voiture semi-autonome ?

Pour l’instant, la voiture 100 % autonome n’existe pas encore sur nos routes. L’automatisation actuelle est partielle. La route vers l’autonomie totale comporte 5 niveaux, nous en sommes au 3e.

Les 5 niveaux vers l’autonomie

Les 3 premiers niveaux sont surtout de l’assistance à la conduite. Ce n’est qu’à partir des niveaux 4 et 5 que l’on peut réellement parler d’autonomie.

Niveau 1 : des alertes sonores vous signale un franchissement de ligne ou une vitesse dépassée.

Niveau 2 : le véhicule est capable de réaliser seul des manœuvres ponctuelles et définies, comme se garer, par exemple.

Niveau 3 : vous pouvez déléguer la conduite mais devez reprendre le contrôle en cas d’urgence.

Niveau 4 : le véhicule peut réagir seul et même faire certaines manœuvres sans conducteur à bord. L’autonomie est pratiquement complète, on parle de conduite hautement automatisée.

Niveau 5 : bye bye volant, pédales, changement de vitesse, la voiture peut rouler seule sans aucune intervention.

4. Quand le véhicule 100 % autonome arrivera-t-il sur nos routes ?

L’arrivée de la voiture 100% autonome dans le trafic est annoncée vers 2035 voire 2040. C’est en tout cas l’estimation la plus réaliste selon de nombreux spécialistes. Car de nombreux obstacles doivent encore être réglés. Notamment en termes d’autorisations légales de circuler et de législation routière. Mais aussi de mises à jour en temps réel des cartes routières ou encore la vision à 360 degrés des capteurs quelles que soient les conditions. Louer ou acheter une voiture autonome n’est donc pas encore pour tout de suite. Encore moins de trouver la bonne occasion sur Scout ou 2emain ! 😉

5. Quels sont ses avantages et ses inconvénients ?

Les avantages

> Un gain de temps pour le « conducteur » qui pourra lire, se détendre, dormir, travailler…

> Une réduction des accidents. Certaines études avancent une diminution de 80 %. En cas d’impact, la vitesse sera aussi considérablement réduite. Le code de la route sera en outre mieux respecté.

> Moins d’embouteillages. Les véhicules autonomes pourront communiquer entre eux. Cela leur permettra de garder une distance de sécurité entre eux et de maintenir une vitesse équivalente ce qui régulera le trafic.

> Comme les déplacements seront plus efficaces, mieux optimisés, des économies de carburants sont à la clé. Un bon point aussi pour l’environnement.

> Elles trouvent une place de parking toute seule et se garent seules ! Fini le stress du créneau 😉

> Les vols de voiture diminueront grâce au système de sécurité et de géolocalisation.

> Le prix des assurances pourrait diminuer puisqu’il y aura moins d’accidents

Les inconvénients

> Quid des métiers liés au transport ? Taximen, chauffeurs, livreurs n’auraient plus raison d’être…

> La technologie n’est pas à l’abri d’une défaillance, même si les probabilités restent moins élevées qu’une erreur humaine.

> Les infrastructures routières devront être adaptées.

> L’éthique en cas de choix par la voiture lors d’un accident inévitable. Percutera-t-elle un enfant qui traverse au mauvais endroit ou un senior sur le passage piéton juste à côté ? Renverser un piéton ou foncer dans un mur au risque de blesser ses passagers ? Pour l’instant, la question n’est pas tranchée.

> Réparer son véhicule autonome, dénicher des pièces détachées, voilà qui sera plus compliqué que de passer chez Auto 5 aujourd’hui !

6. Le véhicule autonome sera-t-il forcément électrique ?

La voiture autonome sera certainement électrique. Car l’évolution de la voiture va en ce sens, moins de moteurs thermiques et plus de solutions vertes. Toutefois, ce n’est pas une condition sine qua non. L’autonomie est une question de capteurs et d’IA, pas de type de carburant. Rien n’empêche une voiture ou un utilitaire essence, au CNG, hybride ou encore une voiture à hydrogène d’être autonome.

7. Faudra-t-il encore un permis auto ?

Très certainement. Jusqu’au niveau 4 d’autonomie, le conducteur devra pouvoir reprendre le contrôle du véhicule en cas de problème. Sans doute les modalités d’obtention du permis seront-elles adaptées.

8. En cas d’accident avec une voiture autonome, qui sera responsable ?

La responsabilité du constructeur s’accroîtra. Selon VIAS Institute, l’Institut belge pour la Sécurité routière, on « se dirigera vers une ‘responsabilité sans faute’ : une société sera tenue pour responsable afin que la victime soit dédommagée quasi automatiquement. Ensuite, il lui reviendra de prouver à quoi est dû l’accident : un capteur défaillant, un problème mécanique ou encore un bug de l’algorithme. »

9. La voiture autonome ne va-t-elle pas tuer les transports en commun ?

Certains le craignent. Leurs arguments ? La voiture autonome sera un moyen plus simple de se déplacer. Les utilisateurs pourraient être plus tentés d’utiliser la voiture puisqu’ils pourraient s’y détendre ou travailler. Toutefois, certains pourraient se passer de voiture et davantage recourir à des services de location de services. Et puis les transports en commun aussi deviendront autonomes. A l’image du bus Volvo de 12 mètres de long qui circule depuis début mars 2019 à Singapour

10. Quels sont les constructeurs les plus avancés ?

La course pour arriver le premier sur le marché a démarré voici plusieurs années chez de nombreux constructeurs, équipementiers mais aussi entreprises technologiques. Qui sera prêt le premier ? Qui remportera ce jeu de voiture ?

Certains misent sur Cruise, une division de General Motors. Ford serait aussi en bonne position. BMW et Daimler ont joint leurs forces. Apple rêve aussi de voiture autonome et a conclu plusieurs partenariats en ce sens. Après un pick-up 100% électrique complètement démesuré, la voiture autonome de Tesla est également dans les starting-blocks. On citera encore Volvo, Google (via Waymo), Baidu (le Google chinois), Intel, Uber et bien d’autres. Les futurs salons automobiles devraient sans doute les uns après les autres lever un coin du voile et présenter les avancées de chacun.

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