Solaire ou thermodynamique, quel type de chauffe-eau choisir ?

Pour chauffer votre eau sanitaire, les systèmes électriques et au gaz sont bien connus. Mais il existe deux autres solutions techniques : le chauffe-eau solaire et le chauffe-eau thermodynamique. Quelles sont leurs différences ? Et comment savoir lequel choisir ?
Paul D.
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Ils ont des choses en commun, mais le chauffe-eau solaire individuel (CESI) et le chauffe-eau thermodynamique présentent des différences notables, en termes de fonctionnement, d’avantages, de prix et de rentabilité. Avant de vous lancer dans une nouvelle acquisition pour équiper votre maison, mieux vaut savoir où vous mettez les pieds et opter pour la solution la plus intéressante, tant sur le plan technique que financier.

Une fonction identique…

Vous vous en doutez, ces deux appareils ont un énorme point commun, puisqu’ils ont la même fonction au sein de votre maison : à savoir produire l’eau chaude sanitaire de votre logement. Indispensables, ils servent donc à chauffer de l’eau, stockée dans un ballon, qui est ensuite utilisée dans votre cuisine, pour la lessive ou la douche, mais aussi pour le chauffage au sol ou une éventuelle piscine. Leur particularité ? Solaire ou thermodynamique, ces deux types d’appareils fonctionnent sur base d’une énergie renouvelable, mais pas la même. On vous en dit plus, plus loin.

Mais un fonctionnement différent

Le chauffe-eau solaire, mode d’emploi

Commençons par le chauffe-eau solaire. Comme son nom l’indique, cet appareil utilise les rayons du soleil pour pourvoir votre logement en eau chaude. Concrètement ? Placé(s) sur le toit de votre maison, un ou plusieurs capteurs collectent le rayonnement du soleil et le transforment en énergie thermique. À travers un liquide caloporteur, cette chaleur circule dans un tube vers le ballon de stockage. Le liquide « cède » alors ses calories à l’eau sanitaire pour la chauffer (jusqu’à 60 degrés). Quand le liquide est froid, il repart dans le système et recommence l’opération.  

Bon à savoir : le boiler solaire ne peut pas fonctionner sans soleil, donc en hiver ou pendant les journées de forte grisaille. Vous avez donc besoin d’un autre dispositif de chauffage (chaudière mixte, pompe à chaleur, ballon électrique ou au gaz, etc.), capable de prendre le relais pour continuer à vous fournir en eau chaude. Cela se fait automatiquement, mais il faut en avoir conscience.

Le chauffe-eau thermodynamique, mode d’emploi

Du côté du chauffe-eau thermodynamique, on oublie le soleil pour laisser place à l’énergie thermique de l’air ambiant et un peu d’électricité. En effet, cet appareil fonctionne comme une pompe à chaleur air/eau, assortie d’un ballon de stockage. Le système puise la chaleur dans l’air extérieur (ou intérieur), afin de chauffer votre eau sanitaire. Dans cet article dédié, on vous explique en détail tout ce processus écologique.

Comme son homologue solaire, cette pompe à chaleur a recours à une source de chaleur d’appoint (électrique), mais qui est nécessaire bien moins souvent : uniquement en cas de températures extérieures anormalement froides (moins 10 °C). La bonne nouvelle ? Votre chauffe-eau thermodynamique peut être couplé à vos panneaux solaires, afin de faire encore plus d’économies, puisque l’électricité nécessaire est produite par vos panneaux solaires et éventuellement stockée dans une batterie domestique.

Un avantage commun : les énergies renouvelables

Le principal atout du chauffe-eau solaire ? Il est eco-friendly, puisqu’il utilise une énergie propre, gratuite et inépuisable : celle du soleil. Cet équipement est également assez fiable, robuste et peu gourmand en entretien. De plus, vous pouvez espérer une aide publique, mais cela dépend de votre région, on y revient plus loin dans cet article.  

En ce qui concerne le chauffe-eau thermodynamique, c’est aussi une solution écoresponsable, puisque la pompe à chaleur produit de l’eau chaude grâce à l’air ambiant, donc une énergie « verte ». Mais ses avantages sont multiples.  

  • En plus d’être respectueux de l’environnement, c’est également un choix malin pour votre portefeuille, puisque les derniers modèles permettent de diviser par trois les coûts de production d’eau chaude. 
  • Côté technique, vous pouvez combiner le chauffe-eau avec des panneaux solaires (pour encore plus d’économies), mais aussi avec une chaudière à condensation au gaz ou au mazout.  
  • Enfin, l’installation est relativement simple et rapide.  

Quels sont les points négatifs ?

Bien entendu, aucun système n’est parfait… Le chauffe-eau solaire perd en efficacité en hiver, à cause du manque de soleil. Autre argument « négatif » de poids : son prix. Même s’il vous permet de faire des économies au quotidien, il faut tenir compte de son incapacité à produire de l’eau chaude toute l’année, puisqu’il a besoin d’un équipement d’appoint. Ci-dessous, on vous en dit plus sur le prix. 

En ce qui concerne le chauffe-eau thermodynamique, ses inconvénients se résument en trois points : le bruit, un temps de chauffe plus long et la place nécessaire dans la maison. En effet, le dispositif est assez encombrant et doit idéalement être installé dans une pièce non chauffée d’environ 20 m3.

Quel est le prix de ces deux solutions ?

Même si le prix ne doit pas être votre seul critère de choix, soyons clairs : le chauffe-eau solaire est plus cher et moins rentable que son « cousin » thermodynamique.  

En effet, il faut compter entre 4500 et 6500 euros d’investissement (TVA et placement inclus) pour un modèle solaire adapté à une famille de quatre personnes, c’est-à-dire, une surface de 3 à 5 m2 de capteurs solaires et un ballon de stockage de 200 à 300 litres.  

En Wallonie, il existe encore une prime pour vous aider dans cet effort financier, qui varie selon votre catégorie de revenus. On vous dit tout sur les primes « chauffage » dans cet article du blog.

Pour le chauffe-eau thermodynamique, le prix est plutôt un atout, puisque l’appareil coûte entre 2500 et 5500 euros (TVA et placement inclus), donc moins que son « cousin » solaire. En plus, vous pouvez compter sur des aides régionales pour alléger la note, sauf à Bruxelles où toutes les primes « chauffage » sont encore en suspens (info actualisée en janvier 2026). Retrouvez toutes les infos dans notre article sur les primes

Bon à savoir : pour les deux modèles, une réduction temporaire de la TVA est accordée par le gouvernement fédéral. Concrètement, cela dépend de l’âge de votre logement : 

  • Plus de 10 ans : vous pouvez bénéficier d’un taux de TVA à 6% (au lieu de 21%) pour le chauffe-eau solaire et thermodynamique. 
  • Moins de 10 ans : seul le chauffe-eau thermodynamique, comme toutes les pompes à chaleur, profite de ce taux réduit à 6%, donc pas d’avantage fiscal pour le chauffe-eau solaire dans ce cas.  

Quelle rentabilité pour ces chauffe-eaux ?

Là encore, la balance penche plutôt du côté du chauffe-eau thermodynamique, puisque le retour sur investissement se fait en moins de 4 ans, voire 2 ans (en fonction de votre région) ! Et pour cause, un appareil d’une capacité de 200 litres peut consommer jusqu’à 75 % d’énergie en moins qu’un chauffe-eau électrique traditionnel, soit environ 900 kWh par an et une facture annuelle de… 250 euros !

Pour le chauffe-eau solaire, cela dépend d’une série de facteurs (coût réel, taille de l’installation, système d’appoint, économies réalisées, etc.), mais la fourchette de rentabilité va de 8 à 20 ans. Malgré tout, selon votre situation, ce système respectueux de l’environnement peut valoir le coup, sachant que sa durée de vie est de 25 à 30 ans.

Bon à savoir : nous avons fait tous les calculs à votre place, région par région. Dans cet article et nos infographies, retrouvez les solutions qui rapportent le plus, tant pour le chauffage que pour l’eau chaude sanitaire.

Pour quel chauffe-eau, votre maison est-elle faite ?

Vous savez tout sur ces deux systèmes de production d’eau chaude sanitaire… ou presque ! En effet, certains éléments techniques sont également à prendre en compte pour faire un bon choix.

Pour le chauffe-eau solaire, la question de l’ensoleillement est centrale. En Belgique, vous pouvez espérer chauffer 50 à 70% de votre eau sanitaire, grâce aux rayons du soleil. Mais à condition de profiter de conditions optimales.  

Plusieurs facteurs influencent ce rendement : 

  • La surface et le type de capteurs installés ; 
  • La taille du ballon de stockage ;  
  • L’orientation du toit, qui doit idéalement pointer plein sud. L’efficacité de votre installation baisse de 20%, lorsque vos capteurs sont dirigés à l’est ou à l’ouest ; 
  • L’inclinaison des capteurs, idéalement avec un angle de 35° par rapport à l’horizon, même si de bons résultats sont possibles avec des capteurs placés verticalement en façade ; 
  • La localisation de votre logement joue aussi un rôle. 

Vous pouvez calculer le « potentiel solaire » de votre toiture, grâce aux outils suivants et en fonction de votre région  : à Bruxelles ; en Wallonie ; en Flandre.

Et pour le chauffe-eau thermodynamique, quelles sont les contraintes techniques ? Outre les inconvénients évoqués plus haut (bruit, encombrement, temps de chauffe), il n’y a pas grand-chose à ajouter. Vous faites donc le choix d’un appareil écoresponsable et économe !

Vous voulez en savoir plus ? Découvrez notre article dédié au chauffe-eau thermodynamique, ainsi que notre guide pratique pour savoir comment choisir son système de chauffage.