Fin des chaudières à mazout en 2035 ? Qu’avez-vous comme options ?

C’est l’une des mesures du Pacte énergétique interfédéral : interdire la vente de chaudières à mazout à partir de 2035. En Flandre, c’est déjà le cas pour certaines habitations depuis le 1er janvier 2021. Et à Bruxelles et en Wallonie ? Quelles autres options s’offrent à vous ?
Paul D.
21/09/2022 |

Faisant suite à l’Accord de Paris sur le climat de 2015, la Belgique s’est dotée d’une direction en matière de transition énergétique pour 2030 et 2050, en approuvant le Pacte énergétique interfédéral, approuvé en 2017. Parmi les mesures préconisées ? L’interdiction de commercialisation des chaudières à mazout dès 2035. Face aux enjeux et à la volonté d’aller vers un avenir plus neutre en carbone, les régions ont ensuite pris en main le dossier « mazout » et sonné la fin progressive de ces chaudières. Qu’en est-il concrètement ?

Interdiction de vente, pas d’utilisation

Contrairement à ce que beaucoup ont cru à l’annonce du projet de Pacte énergétique, vous pourrez toujours utiliser votre chaudière à mazout après 2035. En effet, ce n’est pas son utilisation qui sera interdite, juste la commercialisation de ces appareils.

Si votre foyer est chauffé grâce à ce combustible (comme 37 % des ménages belges), rien ne vous empêche donc de continuer à utiliser votre système actuel, même au-delà de 2034. Mais si le moment est venu de remplacer votre chaudière ou si vous souhaitez simplement opter pour une installation plus « propre » et plus efficiente… Vous avez tout intérêt à regarder du côté des énergies alternatives, comme le gaz. D’abord, parce que certains annoncent une hausse du prix du fioul dès 2035, à cause de la plus faible demande provoquée par l’interdiction. Mais surtout à cause des mesures d’interdiction prises également par les régions. Un rapide tour d’horizon régional prouve bien que les jours du mazout sont bel et bien comptés…

En Flandre

La Région flamande a été la première à dégainer, puisqu’il est désormais — depuis le 1er janvier 2022 — d’installer une chaudière à mazout, même à condensation, dans les constructions neuves ou lors de travaux de rénovation impliquant le changement du système de chauffage. Pareil si vous devez remplacer votre appareil de chauffage et que le réseau de gaz est disponible dans votre rue, sauf s’il est démontré que les chaudières au mazout sont aussi efficaces que les dernières chaudières à condensation au gaz naturel. En contrepartie, et en fonction de vos revenus, vous pouvez profiter d’une prime de 2500 € (avec un maximum de 50 % de l’investissement) si vous passez du mazout au gaz naturel. Une prime équivalente existe aussi pour passer du mazout au gaz propane ou butane si le réseau de gaz est inexistant dans la rue. Plus d’infos ici sur les primes chauffage en Belgique en 2022.

À Bruxelles

Dans la capitale, l’échéance est également clairement définie : plus de chaudière à mazout à partir du 1er juin 2025 pour tous les bâtiments, soit 10 à 14% des logements bruxellois. Pour encourager les habitants de la région, un bonus « sortir du mazout et du charbon » a été mis en place si vous installez à la place une chaudière au gaz à condensation (ou une pompe à chaleur ou un chauffe-eau solaire). Le montant varie en fonction de votre niveau de revenus : entre 300€, 350€ ou 500€ pour remplacer une chaudière à mazout ; entre 600€, 700€ et 1000€ pour un vieux poêle. Vous misez sur une nouvelle chaudière à condensation au gaz ? Alors, vous pouvez en plus avoir droit à une prime allant de 700 à 1200€.

En Wallonie

En Région wallonne, près de 57 % des ménages se chauffent encore au mazout ! Malgré tout l’arrêt de la commercialisation de ces chaudières dans le sud du pays est annoncé pour 2030. Mais les propositions du Plan Climat 2030 wallon sont sur la table pour interdire le chauffage au mazout dès 2024… À confirmer !

Passer du mazout au gaz

Alors, quelles alternatives pour prendre les devants ? La solution la plus facile sera de passer du chauffage au mazout au gaz naturel. Notamment parce que les conduits et radiateurs du système de chauffage au mazout pourront être réutilisés. Il faudra par contre changer la chaudière évidemment (à partir de 4500€) et prévoir un raccordement au réseau de gaz naturel (1000€ en moyenne, variable selon le gestionnaire de réseau de distribution). Bon à savoir : certains gestionnaires de réseau offrent parfois les coûts de raccordement, renseignez-vous auprès du vôtre.
Si vous avez une citerne à mazout enterrée, il faudra la faire enlever ou la faire remplir avec du sable ou avec de la mousse polyuréthane. Ceci devra être réalisé par un technicien agréé si techniquement elle ne peut être déterrée.

Une autre solution : opter pour une pompe à chaleur « plug in » air/eau à haute température qui pourra se brancher directement sur les tuyaux de chauffage existants. Comptez en moyenne entre 5000 et 10.000 €, voire plus selon les modèles.

Il sera toujours possible d’utiliser sa chaudière à mazout après 2035, mais pas d’en acheter

Tout le monde n’a pas le gaz dans sa rue !

C’est le reproche le plus courant fait à cette mesure d’interdiction des chaudières au mazout. Si le gaz naturel est généralement disponible dans les grandes villes, c’est loin d’être le cas dans les communes plus petites et les villages. Pour certains, la géologie rend même la chose impossible ! Ainsi, 35% des foyers belges ne peuvent pas être raccordés au gaz naturel. La crainte de beaucoup d’entre eux : devoir repasser au chauffage électrique, véritable gouffre financier.

D’autres options peuvent toutefois être envisagée. Il est vrai qu’elles ont également un coût, et ne sont pas toujours pratiques, esthétiques ou faciles à mettre en place. Par exemple :

➢ L’installation d’une citerne à gaz aérienne ou enterrée. Mais il s’agit alors de propane, pas de gaz naturel…
➢ L’option pompe à chaleur (évoquée ci-dessus), que l’on réserve généralement aux nouvelles constructions et qui coûte de 50% à 100% plus cher qu’une chaudière à mazout ou au gaz.
➢ La chaudière à pellets ou à biomasse peut aussi être envisagée. L’avantage est qu’elle est compatible avec les conduits d’une installation de chauffage au mazout. Par contre, un local sera nécessaire pour stocker les pellets ou les matières organiques.

Ce ne sont pas là les seules possibilités, vous pourrez en découvrir d’autres dans notre article 9 systèmes de chauffage et leurs différences.

Bref, si les solutions ne manquent pas, il faut malgré tout reconnaître qu’interdire la vente de chaudières à mazout aura un impact financier pour de nombreux ménages. Voilà pourquoi il est intéressant d’anticiper, car 2035, c’est déjà demain. Découvrez également notre article, région par région, sur les solutions de chauffage et d’eau chaude sanitaire qui rapportent le plus

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