Voitures électriques : 5 préjugés à balayer !

Rouler à l’électricité est en hausse en Belgique mais soulève encore beaucoup de questions. Le prix de la voiture électrique, les points de recharge, l’autonomie font qu’elle ne représente encore que 1,6% du marché.

18/09/2020 -
Isabelle V.
Communications expert - renewable, energy efficiency, green mobility

En cause sans doute, ces 5 idées reçues, que l’on dément par les faits.

1. Une voiture électrique coûte plus cher

Vrai à l’achat mais… En moyenne, il faut compter entre 20 000€ et 45 000€ pour un véhicule électrique (Nissan Leaf, BMW i3, Renault Zoé, Peugeot e-208, Fiat 500e, e-Golf, Hyundai Kona, Kia e-Niro, etc.). Mais cela peut grimper à plus de 70 000€ (Tesla, Audi e-Tron, Jaguar I-Pace, Mercedes EQC…). Il existe cependant aujourd’hui des offres de leasing électrique avantageuses pour particuliers ou entreprises comme, par exemple, Numobi.

Divers facteurs sont à prendre en compte pour se faire une idée du coût réel d’une voiture électrique :

> Il y a peu d’entretien à prévoir.

> Une voiture électrique a une durée de vie plus longue qu’une voiture thermique.

> En Flandre, les propriétaires d’une voiture électrique ou d’une voiture à hydrogène ne paient pas de taxe de mise en circulation (TMC) ni de taxe de circulation.

> En Wallonie et à Bruxelles, la TMC s’élève à seulement 61,50€ et la taxe de circulation à 82,10€.

> Pour 15 000 km/an (c’est la distance moyenne parcourue par un véhicule électrique en Belgique),  passer à la « pompe » vous coûtera en moyenne :
600€/an environ avec un véhicule électrique (consommation de 17 kWh/100 km –chargement à 100% à domicile à un prix de l'électricité à viron 4€ aux 100 km; le montant peut varier selon le fournisseur d’électricité, le tarif choisi et le mix jour/nuit).

- 1350€/an avec une essence (consommation de 6l/100 km ; +-1,5€/l)

Pour rouler à l’électricité verte à prix avantageux, il existe désormais le pack énergie avantageux Drive.

> Si vous possédez des panneaux solaires ou si vous pouvez faire la recharge de votre voiture électrique chez votre employeur, le coût sera encore moins élevé.

À noter : les entreprises et les indépendants peuvent déduire l’achat d’un véhicule électrique à 100% (valable aussi pour un scooter électrique, un vélo électrique ou un VTT électrique). Quant aux bornes, assurances, pneus, carburant etc., ils sont également déductibles à même hauteur que le véhicule.

300 nouveaux modèles de voitures électriques devraient arriver sur le marché d’ici 2022 et déjà plus d’une vingtaine en 2020. La technologie ne cesse en outre de s’améliorer. Ce qui fait dire aux observateurs du marché que les prix devraient chuter. Tout bon pour la mobilité électrique !

2. Impossible de parcourir plus de 150 km avec une auto électrique

FAUX. Si l’affirmation était encore vraie voici 2 ou 3 ans, ce n’est plus le cas aujourd’hui. La technologie a évolué et l’autonomie est désormais plus grande. Plusieurs modèles permettent de parcourir 300 km en une seule charge. Voire davantage !

« Rouler plus de 300 km avec la Huyndai Kona de 64 kWh est tout à fait possible, affirme Kristof Corthout, expert Mobilité chez ENGIE. Et 250 km avec la Hyundaï Ioniq ou la Nissan LEAF. Cette autonomie est suffisante lorsqu’on sait que le trajet moyen domicile-lieu de travail des Belges est de 15,7 km et que moins de 10% des voitures électriques roulent quotidiennement plus de 250 km. »

3. Il n’y a pas assez de bornes de chargement

Rouler plus de 300 km avec certaines voitures électriques est aujourd’hui possible

VRAI et FAUX. Le nombre de bornes ne cesse d’augmenter même s’il reste encore trop peu élevé. Selon AVERE Belgium, la division locale de la Fédération européenne pour la mobilité électrique, on recense environ 10 000 bornes de chargement en Belgique : 3000 bornes publiques (essentiellement en Flandre), 4500 dans les entreprises et 2500 chez les particuliers.

Si l’on tient compte de tous les points de recharge (une borne peut avoir plusieurs points de recharge et beaucoup sont installées dans des parkings publics exploités par des sociétés privées), Bruxelles compte 350 bornes (publiques et privées confondues) et souhaite en installer 11 000 d’ici 2035. La Flandre, elle, vient de passer le cap des 4000 points de chargement publics et vise 30 000 bornes de plus d’ici 2025. La Wallonie, enfin, récence un peu plus de 400 bornes ce qui représente quelque 824 point de chargement et souhaite atteindre le millier d’ici décembre 2020.

Parmi toutes ces bornes en Belgique, une centaine sont des bornes rapides qui permettent de recharger son véhicule à 80% en 30 minutes. On les trouve principalement dans les stations-services autoroutières. « Charger son véhicule est aussi plus aisé qu’avant car de plus en plus d’entreprises, d’hôtels, de restaurants et communes ont installé des bornes », se réjouit Kristof Corthout. Les trouver est également beaucoup plus facile grâce à des applications comme Chargemap, ou les ordinateurs de bord des voitures qui les recensent. Cela dit, plus de 90% des recharges ont lieu à la maison ou au travail.

4. Les voitures électriques ne sont pas neutres en CO2

VRAI mais… De manière indirecte, une voiture électrique émet, c’est vrai, du CO2. Sur tout son cycle de vie, c’est-à-dire sa production, son utilisation et son recyclage, on estime les émissions à 9 tonnes. C’est tout de même 2,5 fois moins qu’un véhicule thermique qui, lui, émet 22 tonnes de CO2 tout au long de son cycle de vie !

De manière directe (en roulant), un véhicule électrique ne rejette cependant aucun polluant. Les voitures essence et diesel ne peuvent pas en dire autant…

Les voitures électrique sont donc un pas dans la transition vers la neutralité carbone.

5. Si les voitures électriques se multiplient, le réseau ne pourra pas faire face

FAUX. Le parc automobile belge compte actuellement 5,88 millions de véhicules. Parmi eux, un peu plus de 20 500 sont des voitures électriques. Or le réseau électrique belge actuel peut accepter 1 million de voitures  électriques !

Si le pays comptait autant de véhicules électriques, nous ne devrions produire que 4% d’électricité supplémentaire pour faire face, ont calculé les experts. Et selon le Pr Damien Ernst, spécialiste de l’électricité à l’ULiège, si nos 5,88 millions de voitures passaient à l’électrique, 20 teraWatt/h devraient être ajoutés aux 80 tWh de consommation moyenne belge annuelle. Pour faire face, les batteries domestiques et les batteries des voitures pourraient se transformer en fournisseur d’électricité aux heures de fortes demandes. De plus, les voitures ont une « charge flexible ». Comme elles roulent surtout le matin et le soir, on peut les recharger en journée lorsque les énergies renouvelables sont disponibles et donc utiliser de la puissance qui, sinon, pourrait être perdue puisque l’énergie électrique ne peut être stockée à grande échelle.

Des applications de smartcharging, comme Jedlix, permettent également aujourd’hui d’optimiser la recharge de façon intelligente. L’app contrôle la recharge du véhicule et détermine le plan de charge à domicile. De cette façon, la voiture est rechargée quand l‘énergie est la moins chère et lorsque l’électricité est abondante sur le réseau et, de préférence, issue du renouvelable. Avec la recharge intelligente, vous contribuez ainsi à l’équilibrage du réseau en évitant, entre autres, des pics de consommation.

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