Fin des chaudières à mazout en 2035 ? Qu’avez-vous comme options ?

C’est l’une des mesures préconisées par le Pacte énergétique fédéral : interdire la vente de chaudières à mazout en 2035. En Flandre, c’est déjà le cas pour certaines habitations depuis le 1er janvier 2021. Quelles options s’offrent aux consommateurs ?

29/01/2021 -
Paul D.
Expert énergie chez ENGIE

Le Pacte énergétique interfédéral veut doter la Belgique d’une vision de la transition énergétique pur 2030 et 2050. Parmi les mesures qu’il préconise, on trouve l’interdiction de vente des chaudières à mazout à partir de 2035. Si ceci n’est encore qu’une proposition – des réticences existent – il n’est pas inutile d’apporter quelques précisions. D’autant que la Flandre a déjà pris les devants.

Quelles seraient les conséquences d’une telle interdiction et quelles sont les solutions ?

Interdiction de vente, pas d’utilisation

Contrairement à ce que beaucoup ont cru à l’annonce du projet fin 2017, il sera toujours possible d’utiliser sa chaudière à mazout après 2035. Ce n’est en effet pas l’utilisation qui serait interdite, juste la commercialisation.

Reste que lorsque viendra le moment de remplacer leur vieille chaudière à mazout, les familles qui se chauffent grâce à ce combustible – elles sont encore 52% en Wallonie, 20% à Bruxelles et 29% en Flandre, selon le SPF Économie – devront trouver une alternative… et engager des dépenses.

Certains préconisent même de ne pas attendre la date fatidique et conseillent à tous ceux qui devraient changer de chaudière d’ici là de déjà opter pour un autre type de chauffage. Prétextant, notamment, que la plus faible demande en mazout à partir de 2035 pourrait faire exploser le prix du combustible.

C’est encore plus vrai en Flandre et à Bruxelles. En effet, ces 2 Régions comptent bien ne pas attendre 2035 pour interdire la vente des chaudières à mazout :

> La Flandre a démarré le 1er janvier 2021. Plus question, en effet, d’installer une chaudière à mazout, même à condensation, dans les constructions neuves ou lors d’une grosse rénovation. Idem si vous devez remplacer votre appareil de chauffage et que le réseau de gaz est disponible dans votre rue, sauf s’il est démontré que les chaudières au mazout sont aussi efficaces que les dernières chaudières à condensation au gaz naturel Pour contrebalancer cette mesure, la Région flamande propose une prime de 2500€ (avec un maximum de 50% de l’investissement) à tous ceux qui souhaite passer du mazout au gaz naturel. Une prime équivalente existe aussi pour passer du mazout au gaz propane ou butane si le réseau de gaz est inexistant dans la rue. Plus d’infos ici sur les primes chauffage en Belgique en 2021.

> À Bruxelles, l’échéance serait fixée à 2025 pour tous les bâtiments. D’ailleurs, un nouveau bonus est entré en vigueur en 2021 pour inciter les Bruxellois à passer du mazout au gaz pour le chauffage. Selon la catégorie de revenus (A, B ou C), il s’élève à 300€, 350€ ou 500€.

Passer du mazout au gaz

La solution la plus facile sera de passer du chauffage au mazout au gaz naturel. Notamment parce que les conduits et radiateurs du système de chauffage au mazout pourront être réutilisés. Il faudra par contre changer la chaudière évidemment (à partir de 3500€) et prévoir un raccordement au réseau de gaz naturel (400€ en moyenne, variable selon le gestionnaire de réseau de distribution). Bon à savoir : certains gestionnaires de réseau offrent parfois les coûts de raccordement, renseignez-vous auprès du vôtre.
Si vous avez une citerne à mazout enterrée, il faudra la faire enlever ou la faire remplir avec du sable ou avec de la mousse polyuréthane. Ceci devra être réalisé par un technicien agréé si techniquement elle ne peut être déterrée.

Une autre solution : opter pour une pompe à chaleur « plug in » air/eau à haute température qui pourra se brancher directement sur les tuyaux de chauffage existants. Comptez en moyenne 14 000 €, voire plus selon les modèles.

Il sera toujours possible d’utiliser sa chaudière à mazout après 2035, mais pas d’en acheter

Tout le monde n’a pas le gaz dans sa rue…

C’est le reproche le plus courant fait à cette mesure d’interdiction du Pacte énergétique. Si le gaz naturel est généralement disponible dans les grandes villes, c’est loin d’être le cas dans les communes plus petites et les villages. Pour certains, la géologie rend même la chose impossible ! Ainsi, 35% des foyers belges ne peuvent pas être raccordés au gaz naturel. La crainte de beaucoup d’entre eux : devoir repasser au chauffage électrique, véritable gouffre financier.

D’autres options peuvent toutefois être envisagée. Il est vrai qu’elles ont, elles aussi, un coût, et ne sont pas toujours pratique, esthétique ou facile à mettre en place. On pense par exemple à :

➢ L’installation d’une citerne à gaz aérienne ou enterrée. Mais il s’agit alors de propane, pas de gaz naturel…
➢ L’option pompe à chaleur (évoquée ci-dessus), que l’on réserve généralement aux nouvelles constructions et qui coûte de 50% à 100% plus cher qu’une chaudière à mazout ou au gaz.
➢ La chaudière à pellets ou à biomasse peut aussi être envisagée. L’avantage est qu’elle est compatible avec les conduits d’une installation de chauffage au mazout. Par contre, un local sera nécessaire pour stocker les pellets ou les matières organiques…

Ce ne sont pas là les seules possibilités, vous pourrez en découvrir d’autres dans notre article 9 systèmes de chauffage et leurs différences.

Bref, si les solutions ne manquent pas, il faut malgré tout reconnaître qu’interdire la vente de chaudières à mazout aura un impact financier pour de nombreux ménages. Autant s’y préparer dès maintenant car 2035, c’est déjà demain.

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