Fin du mazout ? quelles solutions de chauffage pour remplacer les chaudières au mazout ?

En Belgique, les chaudières au mazout vont progressivement disparaitre. Déjà interdites dans certains cas, chaque région ont pris des mesures pour réduire les émissions polluantes liées au chauffage. Dans ce contexte, quelles solutions pour chauffer votre logement ?
Paul D.
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Dans le sillage de l’Accord de Paris (2015) et des objectifs climatiques fixés par l’UE, la Belgique s’est dotée de son plan national énergie-climat pour sa transition énergétique. En clair, notre pays fixe ainsi ses propres objectifs et mesures pour la période 2021-2030. Tout un programme, qui trace, entre autres, les trajectoires nationales et régionales pour construire un avenir neutre en carbone

Parmi les mesures phares ? La vente de chaudières à mazout est interdite sur tout le territoire à partir de 2035. Au niveau régional, chaque autorité a aussi mis la main le dossier « mazout », notamment pour accélérer le pas. Une façon de sonner encore plus vite la fin progressive du mazout, notamment dans les nouvelles constructions. Voyons ces interdictions de plus près, région par région. 

Interdiction de vente, pas d’utilisation

L’annonce de la fin du mazout a créé un peu de confusion. Concrètement, c’est uniquement leur commercialisation qui n’est plus autorisée. Cela veut dire que vous pouvez évidemment continuer à utiliser votre installation actuelle, sans aucune interdiction. Une information importante, puisqu’un ménage belge sur trois se chauffe encore au mazout.  

En réalité, la question de la fin du mazout se pose essentiellement dans trois situations : 

  • Si vous faites construire votre maison ; 
  • Si le moment est venu de remplacer votre vieille installation au mazout ; 
  • Ou si vous envisagez une solution de chauffage plus durable et efficiente. 

Force est de constater que, dans tous les cas de figure, les trois Régions ont annoncé la couleur : les chaudières au mazout vivent leurs dernières années, mais quand exactement ? Voici un rapide tour d’horizon régional.

Que devient le mazout en Wallonie ?

Dans le sud du pays, près d’un foyer sur deux se chauffe au mazout. Après plusieurs mois de discussions, le plan Air-Climat-Énergie 2030 (PACE 2030) valide les intentions de la Région wallonne, afin de renouveler le parc d’installations « polluantes » à l’horizon 2050.  

Concrètement, voici le calendrier « souhaité » : 

  • Interdire l’installation d’appareils de chauffage au mazout et au charbon à partir du 1er mars 2025 dans les bâtiments neufs. 
  • Ne plus autoriser le remplacement d’une ancienne installation par une chaudière au mazout dans un bâtiment existant à partir du 1er janvier 2026.  

En réalité, si les intentions sont claires, il règne encore un certain flou sur leur application réelle. Quoiqu’il en soit, la direction est claire : le mazout est voué à disparaître en Wallonie

Que devient le mazout à Bruxelles ?

Dans la capitale, les choses sont un peu plus claires. Depuis le 1er juin 2025, plus aucune nouvelle chaudière au mazout ne peut être placée dans un bâtiment, neuf ou ancien. Côté utilisation, vous pouvez donc encore garder votre appareil actuel jusqu’à son remplacement.

Que devient le mazout en Flandre ?

La Région flamande a été la première à dégainer, puisque les nouvelles installations au mazout sont interdites depuis janvier 2022, tant pour une nouvelle construction que lors de toute rénovation énergétique majeure. Et si vous devez remplacer votre appareil de chauffage ? Le mazout n’est plus autorisé si votre logement a accès au réseau de gaz. Sachez aussi que les réparations mineures de votre installation actuelle au mazout restent possibles, mais dès qu’il faut substituer le corps de chauffe, vous devez envisager un système de chauffage alternatif.  

Dans ce contexte de fin du mazout, quelles sont les solutions alternatives à votre disposition ? La chaudière au gaz reste évidemment une option valable, mais elle n’est plus la seule. Les pompes à chaleur sont plus que jamais plébiscitées, comme un choix d’avenir !

Le gaz pour remplacer le mazout ? Option à considérer

Comme le mazout, le gaz a une place particulière dans l’histoire du chauffage. Lorsque vous construisez votre future maison ou remplacez votre ancienne installation au fioul, la chaudière à condensation au gaz se profile donc une solution « évidente ».

Quels sont les avantages ?

  • D’abord, un coût d’installation relativement faible, puisque vous devez débourser environ 5 500 pour un nouvel appareil (à partir de 4 500 euros) et le raccordement au réseau de gaz naturel (autour de 1 000 euros, en fonction du gestionnaire de réseau de distribution). 
  • Autre atout, la facilité du processus, puisque vous ne devez pas changer les conduits ni les radiateurs. L’installation est donc assez rapide, avec peu d’adaptations nécessaires. Notez que, si vous avez une citerne à mazout enterrée, il faudra veiller à la faire enlever ou neutraliser par des professionnels. Une opération qui n’est pas neutre…  
  • Compte tenu des performances des chaudières au gaz de dernière génération, vous faites déjà un premier pas vers plus d’efficience énergétique chez vous.  

Quels sont les désavantages ?

Si passer du mazout au gaz offre certains avantages, l’opération affiche aussi quelques défauts, dont vous devez tenir compte. 

  • En tête, la direction des réglementations environnementales en Europe et en Belgique, qui tendent à rendre le gaz naturel de moins en moins intéressant.  
  • Compte tenu du contexte global, la chaudière au gaz semble moins prête pour le futur que les solutions électriques, comme la pompe à chaleur. 
  • Enfin, pour que cette option soit viable, il faut que le réseau de gaz naturel soit disponible dans votre rue. Ce qui est loin d’être le cas dans les communes plus petites et les villages. Ainsi, environ 35% des foyers belges ne peuvent pas être raccordés au gaz naturel. 

Vous restez convaincu que le passage du mazout au gaz est le meilleur choix pour vous ? Ou vous avez encore des questions sur le sujet ? Découvrez notre guide gratuit

En conclusion, la chaudière au gaz s’impose comme une bonne solution intermédiaire, en particulier si votre logement n’est pas encore préparé pour une électrification majeure.

La pompe à chaleur à la place du mazout ? Option d’avenir

C’est une certitude, nos usages énergétiques vont de plus en plus s’électrifier. C’est, par exemple, très clair en matière de mobilité, avec l’essor massif de la voiture électrique. Pour le chauffage, même si le mouvement est progressif, la tendance est similaire. Autrement dit, si votre logement est « prêt », vous ne pouvez pas vous tromper en installant une pompe à chaleur. On vous explique pourquoi...

Quels sont les avantages ?

  • Cet appareil de chauffage est 100% aligné sur les objectifs climatiques à long terme. En effet, les différents types de pompe à chaleur disposent d’un atout majeur par rapport aux autres solutions, celui de chauffer votre logement en utilisant une énergie renouvelable. En effet, même si la pompe à chaleur consomme un peu d’électricité, sa principale source énergétique est gratuite et renouvelable, puisqu’elle présente dans l’environnement : l’air, l’eau ou le sol.  
  • Dans le même sens, du fait de son fonctionnement, la pompe à chaleur n’émet aucune émission de CO2 directe quand elle est utilisée. 
  • Troisième avantage, et pas des moindres, cet appareil de chauffage « électrique » peut vous faire réaliser des économies sur votre facture énergétique, s’il est associé à une isolation qualitative de votre habitation et un système de chauffage à basse température, comme le chauffage au sol.

Face à ces valences, aucun doute : la pompe à chaleur est une vraie solution de chauffage future-proof. Mais à condition de prendre en compte certaines considérations importantes.

Quels sont les points d’attention ?

  • Soyons transparents, la pompe à chaleur coûte plus cher que la chaudière au gaz. Donc, si vous remplacez votre vieille chaudière au mazout, votre investissement initial sera plus élevé.  
  • Vous lisez souvent que votre logement doit être « prêt » pour accueillir une pompe à chaleur. Concrètement, cela signifie que cet appareil exige une excellente isolation thermique. En plus de cette « enveloppe » qualitative, la pompe à chaleur devient réellement efficience lorsqu’elle est combinée à un système de chauffage à basse température, comme le chauffage au sol.  

Voilà, vous savez tout, ou presque, sur la pompe à chaleur, mais dans la foulée de ces considérations, il reste encore deux questions clés pour éclairer parfaitement votre lanterne.

Votre habitation est-elle adaptée pour la pompe à chaleur ? Faites le test

Si vous n’habitez pas dans une construction récente, vous vous demandez certainement si votre maison est déjà « prête » pour être chauffée uniquement par une pompe à chaleur. Bonne nouvelle, nous avons conçu un test très simple pour vous aider à trancher : faites le test des 50 degrés.

Après avoir effectué ce test, vous allez, entre autres, découvrir si quelques ajustements préalables sont nécessaires ou si vous avez intérêt à opter pour une pompe à chaleur… hybride. Hybride ? Oui, on vous explique.

Une pompe à chaleur hybride ? Un premier pas

Si votre maison n’est pas encore 100% adaptée pour la pompe à chaleur, pourquoi ne pas opter pour le chauffage hybride ? Comme son nom l’indique, cette solution combine une pompe à chaleur à un autre système de chauffage, comme une chaudière à condensation au gaz ou une chaudière à mazout. 

Les avantages ? Avec une pompe à chaleur hybride, vous vous préparez pour l’avenir à moindre coût. Plus d’infos sur notre page dédiée ! 

Face à la fin du mazout, vous avez donc plusieurs possibilités intéressantes, parmi tous les systèmes de chauffage existants. Bien entendu, le remplacement de votre installation au mazout n’est pas neutre financièrement et il faut pouvoir la financer.  

Raison de plus pour faire le bon choix, en prenant en compte tous les critères : le coût, le confort, le futur et la planète.