Le bitcoin pour rentabiliser ses panneaux solaires ?

Pour alimenter les puissants ordinateurs nécessaires aux opérations de calculs des monnaies virtuelles, beaucoup d’énergie est nécessaire. Pour cela, une start-up belge rachète les excédents d’énergie des propriétaires de panneaux solaire

07/02/2018 -
Paul D.
Expert énergie chez ENGIE

Une nouvelle ruée vers l’or est en cours. Mais en 2017, le précieux métal est devenu numérique, sous forme de monnaies virtuelles. Les Bitcoin, Zcash, Ethereum, Litecoin et Ripple sont les plus connues des… 1.400 crypto-monnaies existantes ! Cependant, leur utilisation, et surtout la « fabrication » et la validation des opérations informatiques de chacune, sont extrêmement énergivores.

Un ogre électrique

La vie de chaque monnaie repose sur une architecture informatique baptisée « Blockchain ». Une sorte de grand registre comptable, public, transparent, décentralisé, où s’inscrivent au fur et à mesure toutes les transactions. Celles-ci sont classées par « blocs ». Toutes les 10 minutes, les nouveaux « blocs » doivent être validés, cryptés, sécurisés avant de rejoindre la « chaîne de blocs » de plus en plus longue. Seul hic, la puissance de calcul nécessaire à cette actualisation permanente (appelée « minage ») s’effectue via une myriade d’ordinateurs qui engloutit une énergie énorme. Une transaction en bitcoins consommerait 2.500 fois plus d’électricité qu’une opération par carte Visa !

Tous à la « mine »

Pour soutenir la création de valeurs et la validation des opérations, les communautés d’adeptes de chaque crypto-monnaie contribuent dans le monde entier à « miner » leur devise. En Chine, des « fermes de minages » équipées de centaines d’ordinateurs ont fleuri. En Belgique, c’est plutôt des particuliers qui s’équipent d’un « rig » (équipement informatique) pour « miner » leur cryptomonnaie. Toutes les 10 minutes, tous les ordis du réseau d’une monnaie sont mis à contribution pour résoudre une équation mathématique très complexe permettant d’allonger la « blockchain ».

NR Mine aime vos panneaux solaires

Start-up liégeoise lancée par 2 chercheurs de l’Université de Liège, NR-Mine est la première et seule société belge à s’être lancée dans le « minage » (10 « rigs » actuellement) d’une des crypto-monnaies, le ZCash. « Miner demande une énergie énorme et en Belgique le prix de l’électricité est assez élevé. Nous cherchons donc des solutions pour nous fournir en énergie meilleur marché, explique Leila Rebbouh, cofondatrice de NR Mine. C’est pourquoi nous désirons récupérer les excédents d’énergie produite par le parc photovoltaïque de particuliers et des entreprises, et même des surplus d’énergie hydroélectrique. »

Il est vrai que bien des (futurs) propriétaires d’une installation photovoltaïque, refroidis par la politique des certificats verts et autre tarif prosumer, pourraient trouver là un nouveau débouché dans la rentabilité de leurs panneaux solaires. « Des gens ou des entreprises ont surdimensionné leur installation photovoltaïque par rapport à leurs réels besoins. D’autres, pour obtenir des certificats verts, doivent atteindre un certain niveau de consommation et n’y parviennent pas… Tous ne peuvent pas toujours réinjecter dans le réseau… Il y a aussi les futurs propriétaires de panneaux solaires… Nous sommes ouverts à quiconque veut mieux rentabiliser son excédent d’électricité, invite Leila Rebbouh. Nous installons les ‘rigs’ et nous payons l’énergie 20% de plus ! Là où un opérateur traditionnel paie 4 cents le Kilowatt/heure, nous payons 5 cents. »

Bref, les initiatives pour rentabiliser les panneaux solaires existent et se multiplient. Vous n’en avez pas encore ? Votre toit est-il compatible ? Paul vous aide à répondre à cette question :

Convaincu(e) ? Calculez la rentabilité d’une installation de panneaux solaires sur votre toit !

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