La pompe à chaleur

La pompe à chaleur tire les calories qu’elle diffuse de l’environnement : géothermie, air-air, air-eau... Une énergie renouvelable ! C’est donc un système de chauffage durable dont on vous explique le fonctionnement, les avantages, les inconvénients.

19/05/2020 -
Paul D.
Expert énergie chez ENGIE

Les pompes à chaleur équipent aujourd’hui 10% des logements en Europe. En 2019, il s’en est vendu 1,3 million ! Les atouts de ce système de chauffage semblent faire mouche. Mais quels sont-ils ? La pompe à chaleur est-elle la solution de chauffage pour toutes les habitations ? Pour vous faire votre opinion, voici quelques critères clés.

C’est quoi une pompe à chaleur et comment fonctionne-t-elle ?

La pompe à chaleur produit de la chaleur à base d’une source d’énergie renouvelable. Dans le cadre des nouvelles normes de construction « quasi zéro énergie » (Q-Zen), elle pourrait devenir incontournable. Cette technologie de chauffage capte en effet dans le sol, l’eau ou l’air jusqu’à 80% de la chaleur qu’elle diffuse dans l’habitation. Le plus souvent, une pompe à chaleur transmet la chaleur via le circuit d’eau de la maison qui alimente le chauffage et/ou le boiler. Mais il existe d’autres technologies comme pour la pompe à chaleur air-air (lire ci-dessous) ou encore les pompes à chaleur à « détente directe » qui réchauffent l’habitation par le biais d’un circuit de fluide frigorigène circulant, par exemple, dans le plancher chauffant de la maison.

Les différents types de pompe à chaleur

Il existe des pompes à chaleur géothermiques, aquathermiques et aérothermiques. Les premières puisent l’énergie dans le sol, les deuxièmes dans l’eau souterraine et les dernières dans l’air extérieur. Plus précisément, il vous faudra choisir entre…

  • une pompe à chaleur air-eau : elle capte la chaleur de l’air extérieur et la transmet au circuit d’eau de la maison pour l’eau sanitaire et le chauffage par le sol. Tout comme un climatiseur split, certaines peuvent aussi, l’été, être utilisées comme système d’airco. La pompe à chaleur air-eau peut en effet être réversible, l’air pulsé peut être chaud ou froid. Attention, refroidir consomme de l’énergie. Votre consommation d’électricité s’en ressentira…
  • une pompe à chaleur air-air : elle puise la chaleur dans l’air extérieur afin de chauffer celui de la maison. Elle ne permet toutefois pas de chauffer l’eau sanitaire. Par contre, comme la pompe à chaleur air-eau, elle peut être réversible et servir d’airco.
  • une pompe à chaleur sol-eau : il s’agit ici de récupérer la chaleur du sol. Ce qui implique d’enterrer, à une profondeur d’environ 60 cm, un serpentin échangeur horizontal ou, dans sa version géothermique, de puiser la chaleur dans des puits verticaux avec forage à plusieurs dizaines de mètres (échangeur vertical). Ce type d’installation permet de chauffer la maison et l’eau sanitaire mais impose d’avoir un grand terrain.
  • une pompe à chaleur eau-eau : ce système puise la chaleur de l’eau souterraine. Un forage du terrain est donc nécessaire. La profondeur dépend du type de sol. L’eau est pompée grâce à un moteur électrique. De nouveau, mieux vaut avoir un grand jardin ! Mais il s’agit du système qui offre le meilleur rendement. C’est aussi celui dont le coût est le plus élevé (lire plus loin). Plusieurs villes côtières ont ainsi adopté la géothermie marine pour chauffer les maisons de leurs concitoyens grâce à l’eau de mer.

Une dernière option est possible : la pompe à chaleur hybride. Le système combine en fait une pompe à chaleur air-eau à une chaudière au gaz à condensation capable de prendre le relai lorsque la température de l’air extérieur est basse et ainsi soulager le compresseur de la pompe à chaleur.

Bon à savoir : pour son fonctionnement, la pompe à chaleur consomme une quantité non négligeable d’électricité. Dans un rapport favorable : environ 1 kWh d’électricité consommée, fournit 4 kWh de chaleur. Pour compenser ce besoin électrique, il est toutefois possible de combiner sa pompe à chaleur avec des panneaux solaires. L’électricité produite en journée par l’installation photovoltaïque est alors directement utilisée pour faire fonctionner le compresseur de la pompe à chaleur.

Quel est le rendement d’une pompe à chaleur ?

Une pompe à chaleur peut produire jusqu’à 75% à 80% de vos besoins en chauffage. Un autre système de production de chaleur devra donc venir en soutien pour produire les 20% à 25% restants (système hybride avec chaudière à condensation, appoint électrique, thermoplongeur au niveau de la pompe…). Son rendement dépend de 2 valeurs :

  • la valeur COP ou Coefficient de performance. C’est le rapport entre la puissance électrique absorbée et la puissance calorifique produite par la pompe à chaleur. Elle doit se situer entre 3 et 5.
  • la valeur SPF ou Facteur de performance saisonnière. Il s’agit ici du rapport moyen entre la consommation d'énergie électrique sur une période donnée et la chaleur produite. Cette valeur tient compte des pertes thermiques et électriques et des variables de température de la source de chaleur en été et en hiver. Elle doit toujours être inférieure à la valeur COP.

Ces deux valeurs figurent sur l’étiquette d’efficacité énergétique de l’appareil. Soyez-y attentif ou faites-vous conseiller avant de choisir votre pompe à chaleur.

Une pompe à chaleur, pour quelles habitations ?

On privilégiera l’utilisation d’une pompe à chaleur dans les habitations très bien isolées et les maisons basse énergie. En effet, si votre toit, vos murs ou encore vos fenêtres subissent des pertes de chaleur, la pompe à chaleur, qui fonctionne à un régime de basse température, sera fortement sollicitée pour compenser et sa consommation électrique explosera.

Installer une pompe à chaleur est donc préférable dans une nouvelle construction ou lors d’une grosse rénovation impliquant l’isolation de l’habitation. Elle vous aidera d’ailleurs à améliorer votre score PEB (performance énergétique du bâtiment). Avec les normes de construction toujours plus strictes afin de tendre vers la neutralité carbone, ce type de système de chauffage pourrait même être imposé dans certaines régions, notamment en Flandre.

Une pompe à chaleur nécessite-t-elle de gros travaux ?

Tout va dépendre du type de pompe à chaleur choisi. Un modèle eau-eau nécessite du forage. Une sol-eau implique aussi de creuser le sol. Ce qui peut prendre plusieurs jours ou semaines.

Pour les autres types, cela peut être beaucoup plus rapide. L’installation peut souvent avoir lieu en 1 seul jour.

Quoi qu’il en soit, faites toujours appel à un installateur agréé et privilégiez les marques spécialisées.

Faut-il entretenir une pompe à chaleur ?

Tout comme il est important d’entretenir une chaudière, il est nécessaire de contrôler sa pompe à chaleur. Les installateurs proposent généralement un contrat d’entretien. On préconise un contrôle tous les 2 ans. Mais il n’y a aucune obligation légale en la matière sauf si votre pompe à chaleur est soumise à un permis d’environnement. Il faudra aussi penser à nettoyer régulièrement les filtres des pompes air/air et air/eau ainsi que le condenseur extérieur (le gros bloc avec le ventilateur).

Quelle est la durée de vie d’une pompe à chaleur ?

En moyenne, on estime la durée de vie d’une pompe à chaleur à 30 000 heures. Soit entre 15 et 20 ans.

Peut-on chauffer sa piscine avec une pompe à chaleur ?

De plus en plus de piscinistes proposent ce système pour chauffer les piscines des particuliers. La pompe à chaleur puise l’énergie calorifique dans l’air pour la transmettre au système de chauffage auquel la piscine est reliée. Elle peut aussi être couplée à des panneaux solaires thermiques pour une solution encore plus verte, efficace et rentable.

Quel est le prix d’une pompe à chaleur ?

Le coût varie forcément en fonction du type de pompe à chaleur. Mais aussi de l’indice de performance. Plus celui-ci sera élevé, plus le prix le sera aussi. Alors combien ?

Les modèles air/air et air/eau sont les moins coûteux : entre 5000 et 10 000€. Pour les autres, comptez plutôt entre 15 000 et 20 000 €.

Les Régions accordent toutefois des primes pour les pompes à chaleur.

Demandez toujours un devis et faites un comparatif des offres. Veillez à ce que tout soit bien inclus dans le prix.

Les avantages et inconvénients d’une pompe à chaleur

Les avantages

  • Elle utilise entre autres une source d’énergie naturelle et inépuisable.
  • Pas de rejet de fumées.
  • Jusqu’à 50% d’émissions de CO2 en moins qu’une chaudière au mazout, 40 % en moins qu’une chaudière au gaz et 30 % en moins qu’une chaudière à condensation
  • Confort d’utilisation
  • Il existe des primes
  • Elle est facile à entretenir
  • Elle peut agir en combinaison avec une chaudière classique, qui prend le relais lorsque la température se rapproche de 0°C : on parle alors de système hybride

Les inconvénients

  • Le prix à l’achat est élevé
  • Peut être bruyante à cause du ventilateur
  • Elle a besoin d’électricité pour fonctionner, en particulier le compresseur. Le bilan énergétique reste toutefois positif : 1kWh d’électricité utilisé pour 3 ou 4 kWh de chaleur.
  • La performance peut varier selon la température
  • Certains types exigent un grand terrain
  • Besoin d’espace pour disposer l’appareil dehors

Faut-il forcément opter pour une pompe à chaleur ?

Si vous avez la possibilité de vous chauffer avec une chaudière au gaz, les experts chauffage d’ENGIE conseillent de choisir cette option qui sera plus rentable. En effet, pour une même quantité de chaleur à produire, le gaz naturel est moins cher que l’électricité (nécessaire pour faire fonctionner le compresseur de la pompe à chaleur).

Cependant, dans certaines conditions (nouvelle construction ou grosse rénovation sans possibilité de raccordement gaz), la pompe à chaleur est une bonne alternative qui propose une excellente performance et est une solution verte pour se chauffer.

Vous devez choisir ou changer de système de chauffage ? Lisez d’abord notre guide gratuit « Comment choisir son système de chauffage ? ».

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