Les questions les plus fréquentes sur le passage du gaz pauvre au gaz riche

Dans notre pays, plus de 3 millions de ménages et d’entreprises consomment du gaz naturel issu du réseau de distribution principalement pour chauffer leur habitation, s’approvisionner en eau chaude et cuisiner.

02/10/2017 -
Paul D.
Expert énergie chez ENGIE

La moitié de ces utilisateurs consomme du gaz pauvre aujourd’hui, importé du nord des Pays-Bas (Groningen – Slochteren). Les Pays-Bas arrêtent l’exportation du gaz pauvre d’ici 2030. Ce volume sera remplacé par du gaz riche importé notamment de Norvège, du Royaume-Uni, du Qatar et de Russie. Autrement dit, les ménages et les entreprises belges qui consomment actuellement du gaz pauvre recevront à la place du gaz riche. Ce n’est pas une nouveauté dans notre pays puisqu’en 2017, la moitié des consommateurs belges de gaz utilisaient déjà du gaz riche. En 2024, tous les consommateurs Belges seront convertis vers du gaz riche.

La carte ci-contre indique les régions alimentées actuellement en gaz pauvre.

1.     Pourquoi utilise-t-on deux types de gaz différents en Belgique ?

Depuis 1966, la Belgique importe du gaz naturel des Pays-Bas. Le gisement de Groningen (Slochteren) offrait des réserves considérables en gaz dit «pauvre». Sa proximité immédiate de notre pays présentait un avantage de stabilité économique. Bref, l’approvisionnement depuis les Pays-Bas était une excellente option pour la Belgique.

À la fin des années 70, en raison d’une forte hausse de la consommation, notre pays a commencé à importer du gaz supplémentaire, notamment de Norvège, du Royaume-Uni, du Qatar et de Russie. La composition du gaz extrait de ces gisements est différente de celle des Pays-Bas. Il est appelé « gaz riche » car il produit plus d’énergie pour un même volume.

2.     Pourquoi la conversion vers le gaz riche est-elle nécessaire ?

Les Pays-Bas ont décidé de réduire progressivement l’exportation de leur gaz de Groningen (Slochteren). Leurs exportations de gaz vers la Belgique et d’autres pays prendront fin d’ici 2030. Cela signifie que pour assurer sa sécurité d’approvisionnement en gaz naturel, la Belgique devra progressivement remplacer le gaz pauvre des Pays-Bas par du gaz riche en provenance d’autres régions du monde. Ce changement implique une adaptation du réseau de distribution pour qu’à l’horizon 2024, tous les consommateurs puissent utiliser du gaz riche.

3.     Quelle est la différence entre le gaz pauvre et le gaz riche ?

La composition du gaz naturel varie selon son origine. Dans le gisement des Pays-Bas, la valeur énergétique du gaz est environ 15 % inférieure à celle des autres gisements. Autrement dit, il faut 15 % de gaz en plus pour se chauffer ou cuisiner. C’est pourquoi il est appelé gaz à bas pouvoir calorifique, gaz L ou gaz pauvre. Le gaz naturel provenant des autres régions du monde est appelé gaz à haut pouvoir calorifique, gaz H ou gaz riche.

 

4.     Quels appareils fonctionnant au gaz sont concernés par la conversion ?

Chez les particuliers, les appareils qui fonctionnent au gaz naturel sont le plus souvent les chaudières, les petits et les grands chauffe-eau, les cuisinières et les taques de cuisson, les poêles, les convecteurs et les cheminées décoratives.

La conversion au gaz riche concerne exclusivement le gaz naturel, pas les appareils fonctionnant au gaz en bouteille (propane, butane), ni les véhicules roulant au gaz (LPG, CNG).

Vous devez faire vérifier tous ces appareils afin d’être sûr qu’ils fonctionneront correctement et en toute sécurité après la conversion.

Les appareils d’avant 1978 ne seront pas compatibles et devront être remplacés. Pour certains, comme les chaudières au gaz, vous pouvez bénéficier de primes dans certaines Régions.

Plus d’infos dans notre article « À quelles primes avez-vous droit pour le chauffage en 2021 ? » ?

De plus, une nouvelle chaudière est vite rentabilisée et peut vous aider à diminuer votre consommation de gaz jusqu’à 30% ! Besoin d’aide pour remplacer votre chaudière ? Vous pouvez compter sur le service chauffage tout compris d’ENGIE.

5.     Comment puis-je voir si mon appareil est apte à fonctionner au gaz riche ? Puis-je moi-même vérifier si mes appareils à gaz sont prêts à fonctionner avec du gaz riche ?

Vous ne pouvez pas vérifier cela vous-même ! En effet, même si votre appareil est compatible avec le gaz riche, il se peut qu’il ait été réglé pour fonctionner spécifiquement avec du gaz pauvre. Cette information ne peut être obtenue qu’en mesurant la composition du gaz qui s’échappe. Par conséquent, le contrôle doit être effectué par un technicien habilité. Vos appareils devront être contrôlés et réajustés avant le basculement vers le gaz riche. De cette façon, vous êtes sûr(e) qu’ils fonctionneront correctement et en toute sécurité.

Faites vérifier tous vos appareils à gaz dès que votre fournisseur de gaz et/ou votre gestionnaire de réseau vous informera de votre futur passage au gaz riche. Si vous le souhaitez, ENGIE peut se charger de cette vérification. Si vous avez déjà un contrat d’entretien avec ENGIE, votre chaudière sera automatiquement vérifiée lors de votre entretien périodique obligatoire.

Prévoyez votre entretien chauffage avec ENGIE.

6. Locataire, propriétaire, qui doit faire vérifier les appareils fonctionnant au gaz ?

L’obligation de vérification des appareils au gaz en vue du futur passage au gaz riche incombe au propriétaire.

Le propriétaire qui loue une habitation ou un immeuble supportera également les frais d’inspection et de réglage dont il est la propriétaire (ex : la chaudière). Attention, certains contrats de location prévoient néanmoins qu’il revient au locataire de prendre en charge les frais d’inspection. Vérifiez bien votre contrat si vous êtes locataire.

Bon à savoir : il échoira au locataire de faire vérifier et de payer les frais d’inspection et d’ajustement des appareils électroménagers qui lui appartiennent (ex : gazinière). Il sera également tenu de permettre au technicien mandaté par le propriétaire d’accéder à son logement ou son immeuble.