Climat, on y va vraiment ? 4 résolutions simples et positives pour la planète (et aussi pour vous)

Envie de contribuer à la protection de l’environnement ? Moins de bla-bla et plus de concret ? D’Internet au steak dans votre assiette, on vous explique pourquoi c’est important et comment passer des paroles aux actes, grâce à des gestes faciles à adopter… et à perpétuer !

14/01/2022 -
Suzanne M.

Les bonnes résolutions, on les connaît ! Début janvier, tout le monde est motivé, mais trois semaines plus tard, on les a déjà abandonnées. C’est le moment de contrarier cette idée…

Voilà pourquoi nous vous proposons des défis que vous pouvez relever sans tarder, mais progressivement… À votre rythme ! Ce sont des habitudes à adopter, assez simples et faciles à mettre en œuvre (cela ne dépend que de vous) pour ne pas vous décourager ; mais dont l’impact écologique est suffisamment important pour vous motiver. Bref, cette fois-ci, on tient le coup toute l’année (au moins).

1. Des livres et des jeux de société pour limiter votre consommation Internet

Pourquoi c’est important ?

Un peu de scroll, quelques likes, une publication, les réseaux sociaux sont de véritables voleurs de temps. Mais aussi de sacrés pollueurs ! Nous passons en moyenne 2 h 30 sur Instagram, Facebook, TikTok et consorts… En termes d’émissions CO2, cela revient à rouler 1,4 km en voiture. À ce rythme-là, nous parcourons chacun 535 km « au volant de notre smartphone », et rien que sur les médias sociaux.

On l’oublie parfois, mais Internet a un coût écologique important. En amont, il faut fabriquer un nombre incalculable d’équipements (ordinateurs, centre de données, serveurs, câbles, antennes, etc.), qui permettent de stocker et d’échanger des données, mais aussi… les alimenter en énergie. Si Internet était un pays ? Ce serait le 3e consommateur d’électricité au monde !

Chaque e-mail envoyé ; chaque recherche Google effectuée ; chaque chanson écoutée sur Spotify a une empreinte carbone sur la planète. Les émissions de gaz à effet de serre générées (GES) sont (1,5 fois) supérieures à celles du… trafic aérien mondial.

  • Vous envoyez 20 e-mails par jour ? Cela revient à parcourir 1 000 km en voiture sur une année ;
  • Vous faites 3 recherches Google par jour ? C’est comme un vol en avion Bruxelles-Berlin par an.

Sur la première marche du podium de la pollution numérique, on trouve le streaming vidéo, qui représente 1% des émissions mondiales de CO2.

  • Une heure devant YouTube consomme autant d’électricité que votre frigo pendant une année ;
  • Les 5 milliards de vues de la chanson Shape of You d’Ed Sheeran ? C’est l’électricité consommée par le Tchad, la Guinée — Bissau, la Somalie, la Sierra Leone et la République centrafricaine sur un an.

Bref, vous l’avez compris : même si c’est moins visible, les vidéos de chat polluent plus que les avions !

Votre défi…Réduire votre consommation Internet et de visionnage de vidéos en ligne !

La pollution numérique est donc un super cheval de bataille pour devenir plus « vert », à condition de se fixer des objectifs clairs. Quelques idées :

  • 24 h par semaine sans connexion Internet, par exemple, le dimanche ;
  • Plus d’Internet à partir de 20 h tous les soirs de la semaine ;
  • Interdiction d’emporter un smartphone, un ordinateur, une tablette ou une montre connectée dans les chambres de la maison. D’ailleurs, on le sait tous : pour un sommeil reposant, les écrans sont à éviter avant d’aller dormir !

Comment passer de la théorie à la pratique ?

Pour y arriver ? Redécouvrez le plaisir de la lecture. Les livres sont bien « meilleurs » pour la planète, mais aussi pour votre santé et votre équilibre. Et pour passer un bon moment en famille, pourquoi ne pas ressortir vos jeux de société ?

Mais ce n’est évidemment pas tout. Plein d’autres activités méritent votre précieux temps, seul, en famille ou entre amis. Une balade en forêt pour se ressourcer, un peu de sport pour se défouler, une bonne recette pour se régaler, etc. Et on laisse, forcément, les écrans de côté !

Comme il est difficile de se passer totalement du streaming, voici des conseils pratiques pour réduire votre empreinte carbone :

  • Désactiver la lecture automatique sur YouTube ;
  • Brancher votre smartphone sur le réseau Wi-Fi, plutôt que sur la 4G ou la 5G ;
  • Privilégier la lecture en basse résolution, voire uniquement avec le son, puisque le streaming audio est nettement moins polluant ;
  • Écouter un podcast plutôt que regarder une vidéo, voilà encore une meilleure option.

2. Stop à la fast fashion, place à la mode écoresponsable

Comme Internet, la mode est un énorme pollueur : le cinquième plus gros émetteur de GES. Les plus de 100 milliards de vêtements vendus chaque année dans le monde (soit 60% de plus qu’en 2005) émettent 1,2 milliard de tonnes de CO2, soit 2% des émissions mondiales. Une surprise ? Pas vraiment, quand on sait qu’un jean peut parcourir 65 000 km avant d’arriver en magasin et que certaines grandes chaînes de la fast fashion renouvellent leurs rayons une vingtaine de fois par an. Mais l’empreinte du textile ne vient pas uniquement du transport…

Autre problème central ? Les matériaux utilisés. D’abord, le polyester, une fibre synthétique dérivée du pétrole et matière la plus utilisée par l’industrie. Des microparticules de plastique qui voyagent de votre lave-linge jusque dans les océans. Cela représente, chaque année, l’équivalent de 50 milliards de bouteilles en plastique déversées en mer.

Il y a également la question du coton et de son impact dramatique sur l’environnement, à cause de la pollution issue des pesticides nécessaires à sa culture et de la consommation en eau. La fabrication d’un jean fast fashion coûte en eau l’équivalent de 50 baignoires remplies. Enfin, et sans parler des conditions de travail inhumaines, les industriels utilisent une série de produits chimiques toxiques pour teindre les vêtements, qui finissent par détruire les écosystèmes aquatiques et les espèces animales.

Votre défi…Ne pas acheter de vêtements neufs pendant une année entière !

Difficile ? La bonne nouvelle, c’est qu’il existe une série d’alternatives pour rester à la mode. Cela fera du bien à la planète et à votre portefeuille.

Comment passer de la théorie à la pratique ?

  • Le retour vintage : les friperies et les boutiques de seconde main regorgent de petits trésors. Sans oublier, les sites comme Vinted ou le département « occasion » de Zalando ;
  • La seconde jeunesse : réparez ou réinventez vos vieilles fringues, soit vous-même, soit en faisant appel à une couturière près de chez vous ;
  • L’échange : une façon facile et économe de renouveler votre garde-robe, grâce aux fringues de vos amis, frère ou sœur, de même taille ;
  • La location : intéressant pour une tenue à usage unique (mariage, réveillon, ski etc.). Par exemple, chez Coucou à Bruxelles ou BeCoquette.

Vous avez vraiment besoin d’une nouvelle pièce pour votre garde-robe ? Alors on achète moins, mais mieux et en connaissance de cause :

  • Privilégier les basiques indémodables et de qualité : des vêtements que vous porterez plus souvent et plus longtemps ;
  • Opter pour des boutiques locales et éthiques : le Made In Belgium est un must en matière, mais la mode écoresponsable dépasse largement nos frontières. Quelques idées : Lesupermarket, Made & More, Ninety Percent, Reformation, etc.
  • Inspecter les étiquettes : un réflexe à adopter avant chaque achat, afin de regarder la composition (et le lieu de fabrication). Bien entendu, le but est de ne choisir que des matières recyclées, naturelles et biologiques.
  • Repérer les engagements de la marque : les labels sont vos meilleurs amis. Voici un échantillon des plus fiables en matière de respect de l’environnement : GOTS, Écolabel européen, Organic Content standard (OCS 100), Oeko-Tex, Ecocert textile. D’autres labels vous permettent de vérifier les engagements des entreprises en matière de critères sociaux (B-Corp, Fair Wear Foundation, Fairtrade) ou du bien-être animal (Peta approved vegan, RWS, RDS).

3. Du homemade pour vos cosmétiques et l’entretien de la maison

Pourquoi c’est important ?

Notre planète, notamment la faune et la flore aquatique, souffre énormément de certaines substances contenues dans les produits ménagers et de beauté. Phosphates, solvants et autres produits chimiques (entre autres, des dérivés du pétrole) finissent dans les mers et les cours d’eau, mais aussi sur… nos peaux. Des substances, présentes dans les liquides vaisselle, gels douche et autres crèmes pour le visage, pourtant néfastes pour la santé ! 

Mais ce n’est pas tout, puisque ces produits sont aussi responsables d’une surproduction de plastique. Flacons, bidons et bouteilles terminent à la poubelle après un seul usage, alors qu’ils coûtent une « fortune », par rapport aux recettes de « grand-mère » à base de vinaigre et de citron.

Votre défi…Commencer à utiliser au moins deux produits « fait-maison » : un cosmétique et un pour l’entretien domestique. Chiche ?

Comment passer de la théorie à la pratique ?

  • Concocter un produit ménager « tout usage » efficace : vous aurez besoin de quelques ingrédients de base et pas très chers (de préférence bio) : du vinaigre blanc, du bicarbonate de sodium, des cristaux de soude, du savon noir, du citron et quelques huiles essentielles. Super pour dégraisser, nettoyer la cuisine, la salle de bain et même le sol.
  • Votre propre produit de lessive liquide ? Ce n’est pas sorcier, puisqu’on retrouve les mêmes ingrédients. Faites bouillir un litre d’eau et ajoutez du savon (en copeaux) ; mélangez à feu doux pour bien dissoudre le tout ; sortez du feu et ajoutez le bicarbonate, les cristaux et les huiles essentielles ; et versez l’ensemble dans une bouteille en verre.

En ce qui concerne les cosmétiques homemade, vous devez faire preuve d’un peu plus de précautions. En effet, certains dosages et mélanges ne s’improvisent pas, alors ne jouez pas aux apprentis chimistes et suivez des recettes éprouvées.

  • Par exemple, cette huile pour le visage, à appliquer le matin et le soir, composée de 10 ml d’huile d’églantier bio ; 20 ml de gel d’aloe vera bio ; et d’une pincée de poudre d’acide hyaluronique. Retrouvez une foule de recettes DIY sur le site de la marque Bioflore.
  • Dernière astuce, si vous voulez acheter vos produits sains, rendez-vous dans une épicerie écoresponsable, comme l’e-shop Kazidomi.

 

4. Moins de viande pour une vie plus saine

Pourquoi c’est important ?

Chaque année, 323 millions de tonnes de viande sont produites à travers la planète. Résultat : l’élevage est responsable de 15% des émissions de GES ! Avec un impact majeur sur le réchauffement climatique, la déforestation et la consommation d’eau. Un tableau noir, en haut duquel figurent le bœuf et l’agneau.

Un steak de bovin d’un kilogramme équivaut, par exemple, à une émission de 27 kg de CO2, contre 12 kg pour le porc ou 6,9 kg pour le poulet. Mais ces deux viandes, apparemment « moins » polluantes », posent d’autres soucis en termes de pollution des eaux. Revenons au steak de bœuf : la production du kilo de viande exige près de 13 500 litres d’eau !

Tout aussi problématique, la question des terres. En effet, près de 70% de la surface agricole mondiale est utilisée pour le pâturage du bétail ou pour produire des céréales destinées à les nourrir.

Même si la tendance est à la baisse ces dernières années, chaque Belge consomme toujours en moyenne près de 70 kg de viande par an, c’est-à-dire un peu moins de 200 grammes par… jour ! Pourtant, l’excès de protéines animales n’est vraiment pas recommandé pour une santé optimale.

Votre défi…Ce n’est pas de devenir végétarien du jour au lendemain, mais de réduire progressivement votre consommation de viande.

Au profit d’autres aliments savoureux, notamment les légumes, dans votre assiette.

Comment passer de la théorie à la pratique ?

Nos suggestions :

  • Une (deux, trois, voire plus) journée « veggie » par semaine à la maison ;
  • Un resto végétarien ou vegan, une fois sur deux, pour découvrir de nouvelles saveurs ;
  • Chaque semaine, une recette avec viande transformée en « free meat ».

Sacré challenge, alors n’hésitez pas à vous équiper. Certaines applications vous permettent, par exemple, de suivre vos progrès (Quit Meat) ou de découvrir des recettes plus équilibrées (Vegg’up) !