Bien assurer vos panneaux photovoltaïques en 5 questions

Vos panneaux solaires représentent un investissement rentable… à protéger ! Mais votre installation est-elle couverte par votre assurance ? Quels sont les risques ? Besoin d’un nouveau contrat ? Votre prime va-t-elle augmenter ? Voici nos réponses.

06/09/2021 -
Paul D.
Expert énergie chez ENGIE

Les panneaux solaires connaissent un engouement croissant en Belgique. En seulement quelques années, cette source d’énergie verte convainc nombre de Belges, malgré la modification de certaines règles régionales. Produire son électricité avec le photovoltaïque est toujours synonyme d’avantages : que ce soit pour diminuer sa facture d’énergie ; pour poser un geste écologique en faveur de la transition énergétique ; ou encore pour accroître son indépendance énergétique.

La preuve de ces atouts ? Vous avez franchi le cap et installé des panneaux solaires chez vous. Excellente idée, mais êtes-vous correctement protégé en cas de dommage ? Même si le prix des panneaux a été divisé par trois en l’espace de dix ans, cela reste un investissement que vous devez couvrir. Si vous avez un doute, c’est le moment de vérifier !

1. Quels risques pèsent sur votre installation ?

On a parfois tendance à penser que les tuiles n’arrivent qu’aux autres… Pourtant, comme toute installation technique, vos panneaux solaires sont soumis à un certain nombre d’aléas. D’autant plus qu’ils sont placés sur votre toit, donc à l’extérieur. Tempêtes, pluies diluviennes, vents violents, grêle, coups de tonnerre ou fortes chaleurs, ces derniers mois ont malheureusement prouvé que la nature se déchaîne souvent sans prévenir.

Autant de catastrophes qui peuvent endommager votre toit et votre installation, mettant ainsi en péril votre investissement. Même s’ils ne courent pas les rues, certains voleurs font également leur beurre avec certains matériaux issus de panneaux dérobés. Profitant, par exemple, des vacances pour commettre leur délit. Dernier risque envisageable ? La panne ou le dégât technique, plus ou moins grave, de l’un des composants : panneau, batterie, onduleur, etc.

2. Comment « prévenir » avant de devoir « remédier » ?

Avant même de penser à la question de l’assurance, rien de tel que de prendre des précautions. À commencer par le choix du type de panneaux, de leur résistance aux intempéries, ainsi que de la qualité des fixations, du cadre ou encore de la mise en œuvre. Notez que votre onduleur doit être idéalement placé, à l’abri de la poussière et de l’humidité, pour éviter les dysfonctionnements. En effet, comme pour n’importe quel appareil électrique, le risque zéro en matière d’incendie n’existe pas.

Voilà pourquoi vous devez faire appel à des professionnels agréés et vous assurer de la conformité de votre installation. Dans tous les cas, le contrôle de l’installation par un organisme indépendant (selon les critères du RGIE) est obligatoire avant de bénéficier de votre énergie verte. Mais rassurez-vous, les idées reçues à propos du photovoltaïque sont loin d’être toutes vraies. Par exemple, vos panneaux n’attirent pas spécialement la foudre ! Rien ne vous empêche toutefois d’installer un dispositif paratonnerre ou de poser des dérivations de surtension.

3. Une assurance « spéciale » est-elle obligatoire ou nécessaire ?

Non, mais… La question de l’assurance se pose tout de même. Chaque cas est cas, mais vous ne devez généralement pas souscrire de nouveau contrat : votre police habitation ou incendie couvre automatiquement l’ensemble de votre installation. D’autant plus, s’il s’agit d’un contrat récent ou si vous l’avez signé alors que vos panneaux étaient déjà posés.

Mais ne prenez pas cela pour acquis, car vous pourriez, malgré tout, devoir adapter les montants couverts ou les conditions. Un « prosumer d’énergie solaire » prévenue en vaut deux, alors autant prendre les devants :

  • Épluchez votre contrat et les conditions générales

Si vos panneaux photovoltaïques sont couverts, cela doit être clairement indiqué. Votre police doit également reprendre les conditions (installation par un professionnel agréé, le preneur doit être le propriétaire, etc.) et situations applicables (vol, incendie, bris de vitre, etc.). Si vous ne trouvez aucune mention, vous êtes peut-être sous-assuré. Résultat des courses : en cas de sinistre, vous ne serez pas indemnisé à la juste valeur de votre investissement.

  • Contactez votre assureur

C’est le bon réflexe à avoir ! Votre courtier pourra vous éclairer sur l’étendue et les limites de votre couverture. Le cas échéant, celui-ci sera également en mesure d’adapter votre contrat pour protéger au mieux les montants en jeu. Certaines compagnies proposent aussi des produits complémentaires ou optionnels, qui garantissent une indemnisation plus élevée que celle prévue par l’assurance habitation classique.

4. Comment êtes-vous indemnisé en cas de dommage ?

Vous devez regarder les termes de votre contrat, mais une protection optimale vous permet généralement de récupérer intégralement la perte subie. Pour le savoir, prêtez particulièrement attention aux points suivants de votre police d’assurance :

  • Valeur assurée : idéalement, votre investissement doit être entièrement protégé, en fonction de votre facture d’achat en valeur à neuf. Cela signifie que le montant d’une éventuelle indemnisation n’est ni plafonné ni calculé de manière forfaitaire.
  • Couverture contre tous les risques : la police couvre alors parfaitement votre installation contre toute détérioration (partielle ou totale) et contre le vol. Qu’il s’agisse d’un incendie, d’une tempête, de grêle, etc. ;
  • Compensation liée à la perte rendement : certaines compagnies proposent également des clauses complémentaires, telles qu’une indemnité forfaitaire pour la perte de production d’électricité occasionnée par un sinistre (couvert par la police).

5. Ma prime d’assurance va-t-elle augmenter ?

Cela dépend. Si votre contrat ne change pas, il n’y a pas de raison de payer davantage. Toutefois, si votre police actuelle ne couvrait pas votre installation (ou pas complètement), alors il est possible que votre prime d’assurance augmente (de 10 à 15% maximum). Notez que certains assureurs ajoutent cette couverture sans frais supplémentaires. Renseignez-vous auprès de votre courtier !