Quel avenir pour votre chaudière au gaz ?

Les nouvelles mesures « climat » de la Flandre suscitent de nombreuses questions sur le futur du gaz… Enterrées, les chaudières au gaz ? Pas si vite ! Elles restent un choix économique et durable, jouant un rôle clé pour la transition énergétique.

16/12/2021 -
Paul D.
Expert énergie chez ENGIE

Vous en avez certainement entendu parler : le gouvernement flamand est parvenu à un accord sur le climat. Cela veut dire que la Flandre adopte de nouvelles mesures pour renforcer sa politique climatique. C’est-à-dire ? Réduire ses émissions de CO2 de 40% d’ici 2030, au lieu de 35% jusqu’à présent. Une bonne nouvelle, puisqu’elle s’inscrit dans la volonté de bâtir un avenir neutre en carbone. Concrètement, ces mesures vont influencer bon nombre de secteurs (agriculture, industrie, voitures électriques, etc.), mais aussi celui du logement. Des nouvelles constructions aux rénovations, en passant par les questions de chauffage et de consommation énergétique.

Suite à ces annonces, vous vous posez peut-être un tas de questions. Dois-je changer de chaudière ? Quel système de chauffage choisir ? La pompe à chaleur est-elle faite pour moi ? Faisons le point ensemble, afin de vous éclairer !

Que dit l’accord flamand sur le climat pour le logement ?

Avant de vous guider, voici ce que prévoit le gouvernement flamand pour les prochaines années, en matière de bâtiment.

Pour les rénovations

À partir de 2023, si vous achetez une maison énergivore (label PEB E), vous aurez cinq ans pour effectuer des travaux, visant à améliorer la performance énergétique du bâtiment (et atteindre le label PEB D). Par exemple, en réalisant des travaux d’isolation ou en misant sur une installation photovoltaïque. Pour vous aider, vous aurez accès à des primes et des prêts sans intérêt, allant jusque 20 000 euros.

Pour les logements neufs

Dès 2023, toute nouvelle construction devra être chauffée par des pompes à chaleur hybrides, c’est-à-dire des systèmes qui fonctionnent en partie au gaz naturel et en partie à l’électricité. Trois ans plus tard, en 2026, aucun raccordement au gaz naturel ne sera plus possible pour les bâtiments neufs.

Chaudière au gaz : stop ou encore ?

Face à ces nouvelles mesures en Flandre, vous êtes en droit de vous interroger sur l’avenir de votre système de chauffage.

J’envisage de troquer ma vieille chaudière au mazout, encore une bonne idée ?

Oui, car les mesures annoncées s’appliquent essentiellement aux nouveaux bâtiments. Dès lors, si votre chaudière avance en âge, et certainement au-delà de 15 ans, il est important de la remplacer par un modèle plus récent, plus efficace et moins sujet aux pannes. Vous n’avez donc pas intérêt à repousser votre décision ! Dans le cas contraire, votre consommation énergétique va grimper en flèche, avec un impact dommageable pour votre portefeuille, mais aussi pour l’environnement.

Vous voulez passer du mazout au gaz naturel ? Suivez nos conseils en 3 étapes !

Je suis perdu(e), quel système de chauffage choisir en remplacement de ma vieille chaudière au mazout ?

Dans le contexte actuel, la chaudière à condensation au gaz reste certainement la meilleure option. Un choix judicieux, durable et économique, puisque vous pouvez économiser jusqu’à 30% par rapport au mazout ou à un appareil dépassé. Cela sans perte de confort ! De plus, l’investissement est mesuré et l’installation est amortie en une dizaine d’années. Ce n’est donc pas un hasard si les atouts de la chaudière au gaz séduisent quasi la moitié des Belges (47%) …

Tout le monde parle de pompe à chaleur, dois-je opter pour ce système de chauffage ?

Cela dépend ! Bien qu’écologique, le choix d’une pompe à chaleur doit être mûrement réfléchi, car cela n’est pas adapté à tous les foyers, notamment les maisons « insuffisamment » isolées. En d’autres termes, cela dépend fortement de plusieurs facteurs :

  • Le niveau d’isolation de votre maison ;
  • Les sources d’énergie disponibles autour de votre habitation ;
  • Le type d’installation et la puissance thermique nécessaire ;
  • Le type de radiateurs existants et l’espace disponible ;
  • Les autorisations pour les unités extérieures :
  • Etc.

Cela exige donc une analyse plus approfondie de vos besoins, mais aussi un budget plus important. En effet, une pompe à chaleur coûte de 50 à 100% plus cher à l’achat qu’une chaudière au mazout ou au gaz, voire même davantage dans le cas d’une pompe à chaleur géothermique.

Dois-je opter pour un système hybride, comme celui évoqué par l’accord climat ?

Pas forcément ! Rappelons que les mesures qui encouragent ces modèles hybrides visent essentiellement les bâtiments neufs. De plus, comme expliqué ci-dessus, les chaudières à condensation au gaz restent avantageuses, tant pour votre portefeuille que pour la planète. Enfin, vous avez probablement eu connaissance de la hausse actuelle des tarifs de l’énergie. Dans ce contexte, un appareil hybride activerait majoritairement le « volet » gaz naturel du système, sans utiliser réellement la fonction pompe à chaleur. Résultat des courses : le coût supplémentaire de la « pompe à chaleur » ne se justifierait pas.

Par contre, si vous disposez de panneaux solaires pour produire votre électricité, alors la solution hybride peut devenir une bonne idée, car cela vous permettra de consommer moins de gaz. 

Vous avez encore des questions ? Nous suivons l’évolution de la situation de près et vous conseillons dans vos choix.