6 idées reçues sur les panneaux solaires : prix, rentabilité, toit

On dit que les prix des panneaux solaires sont élevés, qu’en poser en Belgique n’est rentable sans primes et avec l’arrivée du compteur intelligent. Des idées reçues, auxquelles on tord le cou, arguments à l’appui.

23/10/2020 -
Paul D.
Expert énergie chez ENGIE
6 idées reçues sur les panneaux solaires

1. Avec le compteur intelligent, si l’électricité n’est pas utilisée au moment où elle est produite, elle est perdue

Ce n’est pas tout à fait vrai. Pour le moment, en Wallonie (jusqu’en 2030) et en Flandre jusqu’en 2021 sauf pour ceux qui ont installé leurs panneaux solaires avant le 31 décembre 2020 ; lire plus loin), quand vous n’utilisez pas l’électricité produite par vos panneaux, elle est injectée dans le réseau et votre compteur tourne à l’envers. Certes, vous ne l’utilisez pas pour votre consommation mais vous réalisez malgré tout des économies sur votre facture d’énergie. À Bruxelles et Wallonie (pour les Wallons qui possèdent déjà un compteur digital et optent pour le tarif proportionnel), par contre, ce que vous injectez sur le réseau n’est pas valorisé au même prix que ce que vous prélevez. Il est donc financièrement intéressant d’autoconsommer un maximum. Par ailleurs, en Wallonie, les frais de réseau seront limités au maximum du tarif prosumer, vous ne paierez donc pas plus cher avec un compteur digital. Vous pourriez même faire des économies.

Flandre : nouveau système de tarification pour les nouvelles installations

Il est vrai qu’en Flandre, le système de compensation changera à partir du 1er janvier 2021. Mais cela ne concerne que les nouvelles installations. Donc pour ceux qui investissent avant cette date, il devrait toujours y avoir l’opportunité de profiter du compteur qui tourne à l’envers pendant 15 ans (lire ci-dessous). 

Mais alors quid du compteur intelligent ?

En Flandre, depuis le 01/07/2019, Fluvius a débuté le déploiement des compteurs digitaux. Avec ce type de compteur, vous avez 2 possibilités avant le 1er janvier 2021 :

– Vous pouvez maintenir le système de compensation (le compteur qui tourne à l’envers) pendant une période maximale de 15 ans à dater du placement de votre installation d’autoproduction. Dans ce cas, le tarif prosommateur continue à être appliqué. La VREG, le régulateur flamand de l’énergie, a contesté devant la Cour constitutionnelle la possibilité de conserver 15 ans de compensation pour ce qui est des tarifs réseau en combinaison avec le tarif prosommateur. La décision est toujours en attente.

– Vous pouvez également choisir de passer dans un système de compensation partielle, sans tarif prosommateur. Nous détaillons ce système dans notre article : la fin du tarif prosommateur en Flandre. Plus vous autoconsommez (vous consommez l’électricité au moment où elle est produite), plus vous avez intérêt à passer à ce système.

En Wallonie, l’objectif est d’atteindre 80% d’équipement d’ici 2029. Les propriétaires de panneaux solaires peuvent néanmoins déjà faire installer gratuitement leur compteur double flux/bidirectionnel intelligent par leur gestionnaire de réseau. Les frais seront couverts par la Région wallonne.

Quant au tarif prosommateur wallon, il est d’application depuis le 1er octobre 2020, mais le gouvernement wallon a décidé de le financer à 100% durant 2 ans (2020 et 2021) puis à 54,27% (en 2022 et 2023).

Enfin, à Bruxelles, le compteur digital est désormais installé obligatoirement lors de nouveaux raccordements, de grosses rénovations, de remplacement de compteur ou encore d'acquisitions de panneaux photovoltaïques. Mais depuis le 01/01/2020, vous êtes entré dans un système de compensation partielle. Dorénavant, vous devez payer les tarifs réseau sur la quantité d’électricité effectivement prélevée du réseau. Cette partie de votre facture d’énergie n’est plus compensée par votre injection. La valeur de l’électricité injectée sur le réseau n’est plus identique à celle de l’électricité prélevée. Mais vous recevez encore des certificats verts à Bruxelles pendant 10 ans.

Mieux vaut recourir à une batterie alors ?

Il est en effet possible de stocker chez soi l’excédent d’électricité produite par ses panneaux grâce à une batterie domestique. Ce système vous permettra d’être moins dépendant du réseau, +/- 60 à 80% d'autoconsommation, contre 20 à 40% sans batterie.

Pour l’instant, l’avantage de la batterie est toutefois encore trop limité en Wallonie et à Bruxelles pour récupérer le prix d’achat élevé. En Flandre par contre, vous bénéficiez d’une prime qui rend l’installation d’une batterie rentable pour les nouvelles installation à partir de 2021. La Flandre accorde des primes pour les batteries domestiques depuis le 1er août 2019.

2. Les panneaux solaires, ça ne rapporte plus rien !

Suppression des primes, tarif prosommateur en Wallonie, compteur intelligent en Flandre, fin du mécanisme de compensation à Bruxelles, autant d’arguments qui poussent à croire que les panneaux solaires ne valent plus la peine et, surtout, ne rapporte plus rien. Eh bien… ce n’est pas vrai !

Certes, sauf en Flandre (nouvelle prime à partir du 1er janvier 2021), les aides pour les panneaux solaires ont presque toutes été supprimées. Mais l’investissement dans des panneaux solaires a de nombreux avantages:

De plus, « le gain sur la facture d’électricité est de 430 à 1400€ selon la Région dès la première année pour une installation photovoltaïque de taille moyenne de 14 panneaux, et ce en tenant compte du tarif prosumer en Wallonie, du nouveau tarif d’injection en Flandre et des certificats verts à Bruxelles, a calculé Paul, l’expert énergie chez ENGIE. Pour les installations plus grandes, le montant est encore plus élevé. Et comme les panneaux solaires ont une durée de vie comprise entre 25 et 30 ans, le bénéfice est total durant près de 20 ans, une fois l’installation amortie ! » Et ce, grâce, entre autres à la chute du prix des panneaux solaires. En 2008, une installation coûtait entre 20 000€ et 30 000€. Aujourd’hui, les prix oscillent entre 5500€ et 8000€.

3. Pour avoir des panneaux solaires, il faut un compte d’épargne bien garni

Nous avons analysé ici 5 questions d’argent liées aux panneaux photovoltaïques. Il existe aussi plusieurs manières de payer ses panneaux solaires. ENGIE propose en outre le paiement échelonné de votre future installation photovoltaïque, en fonction de votre budget disponible.

4. Si mon toit n’est pas orienté au sud, ça ne sert à rien

Détrompez-vous ! C’est vrai que le rendement de production optimal (100 %) est offert par un toit exposé au sud et incliné à 30°. Mais si votre toit est orienté au sud-est ou sud-ouest, la perte de rendement est faible (4 ou 5 %). Elle est un peu plus importante pour des toits orientés à l’est ou à l’ouest (10-15 %), mais la rentabilité est toujours au rendez-vous. 

Seule une orientation plein nord et un toit fortement ombragé sont déconseillés pour placer des panneaux photovoltaïques. On vous dit tout ici sur l’inclinaison idéale du toit pour les panneaux solaires.

Consultez aussi notre check-list pour savoir si votre toit permet l’installation de panneaux solaires.

5. En hiver, les panneaux solaires ne produisent pas

Les panneaux photovoltaïques n’ont pas besoin de chaleur pour produire de l’électricité. Juste de la lumière ! Et nous bénéficions en moyenne de 1500 heures d’ensoleillement par an. Bien assez pour faire fonctionner nos panneaux tant en été qu’en hiver même si, c’est vrai, le rendement sera plus grand l’été que l’hiver parce que les journées sont plus longues. En moyenne, 2/3 de la production a lieu d’avril en septembre, un tiers d’octobre à mars.

Si vous optez pour le thermostat connecté boxx doté du module pour panneaux solaires, vous pourrez vous rendre compte de la production de vos panneaux, même en hiver. Il indique en effet en temps réel la production de vos panneaux, précise quelle partie vous avez immédiatement consommée et la quantité injectée sur le réseau. Il compare même la production estimée et la production réelle et tout cela en kWh et en euros !

6. En cas d’orage, les panneaux solaires, c’est dangereux !

Pas plus que votre toit ! Les panneaux solaires n’attirent pas la foudre. Tout simplement parce qu’ils sont plats. Le seul risque que vous encourez est une surtension si la foudre venait à tomber à proximité de votre habitation. Mais l’onduleur pourra y faire face. De plus, les panneaux solaires bénéficient toujours d’une liaison à la terre. Si malgré tout vous voulez être complètement rassuré, vous pouvez toujours faire installer des parafoudres dans votre tableau électrique.

Quant à la grêle, elle n’endommagera pas non plus l’installation. Les panneaux solaires sont fabriqués en verre trempé d’environ 4 mm d’épaisseur, de quoi résister à des grêlons de 25 mm tombant à la vitesse de 90 km/h ! Enfin, sachez que la police d’assurance habitation couvre généralement les panneaux solaires contre les tempêtes.

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